Huit ans aujourd’hui que tu es parti. C’était dans la nuit, autour de 5h du matin. Ptite mère et moi dormions depuis plusieurs nuits dans ta chambre des soins palliatifs de J.Garnier, à Paris, dans le 15ème, en mode camping. Comme les nuits précédentes je voulais rester à tes côtés, ne pas dormir pour être là l’heure venue, main dans la main malgré les infirmières qui me conseillaient de me coucher. Ma fatigue était de trop, je n’ai pas tenu mais à 5h je me suis réveillé en sursaut. Je t’ai regardé, tu venais de partir. Je me revois dire en douceur: « il est parti maman …. ».
Huit ans que je pense encore quotidiennement à toi, huit ans de manques. Ce matin je me suis assis quelques instants devant ta tombe et celle de notre père. J’ai lu plusieurs fois ton prénom, notre nom sur cette stèle avec toujours autant de mal à y croire.
Ton départ a cassé quelque chose en moi. Ma sensibilité qui était déjà importante, l’est encore plus aujourd’hui. Je pensais que cela allait s’estomper avec le temps, lorsque le fameux « faire son deuil » allait être fait mais non, c’est toujours pareil. Je n’ai jamais compris ce que voulais dire cette phrase. Le décès de papa avait commencé à me changer, notre vie n’allait plus jamais être la même mais le tien n’a fait qu’amplifier cela. Au moment de la mort de notre père je te revois me serrer dans tes bras, remplir ton rôle de grand frère en tâchant de me réconforter et me donner des forces. « On est tous les deux maintenant pour s’occuper de maman », m’avais tu dit. Jamais au grand jamais je ne m’étais imaginé que tu partirais aussi tôt, à seulement 46ans. Tu étais mon grand frère de deux ans de plus que moi, tu allais, tu devais être à mes côtés jusqu’à nos vieux jours.
Huit ans aujourd’hui qu’il ne reste plus que maman et moi. Et demain? Demain il ne restera plus que moi? Dans quel état je serai à ce moment là? Cette projection est toujours abyssale pour moi.
Est-ce que maman y pense aujourd’hui? Se souvient-elle que c’était le 14 juin 2015? Elle ne m’en a pas parlé au réveil ce matin, elle ne m’en parlera pas. Inutile que je le fasse. Courageuse ptite mère qui tient le coup car si ce décès m’a changé, pour elle, je sais que c’est pire, la cicatrice n’est pas refermé et ne le sera jamais.
Huit ans après ton plus grand fils passe la bac ce matin! Ton plus grand fils à une petite copine depuis deux ans! Je sais, pour me l’avoir dit, que tu aurais tellement voulu assister à ces évolutions…


8 commentaires:
Avec toit ta maman de tout coeur
Bigornette
(le t de toi s'est tapé l'incruste ...Et zut!)
Merci beaucoup Bigornette 🙏
Beaucoup d.emotions en te lisant...De tout coeur avec toi mon cher Piel. Les annees passent...et le manque est toujours la...
Merci ma chère Marie, j’espère que tu vas bien! Oui, le temps file….
que le temps passe ....
Avec toutes mes pensées attristées, l'absence de ceux dont on a partagé les années est a toujours présente, peut être que l'habitude de leur absence atténue la résurgence de leur absence mais ils seront avec nous tant que la vie nous permet de se souvenir .
Oliv 26
Très bien dit Oliv, merci 🙏
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