mardi 18 novembre 2014

Dans quelques minutes, à 10h, mon frère reprend son triste quotidien après ces 10 jours à N.Y qui ont un peu fait oublier à tout le monde la maladie. Il a rendez-vous à la salle P. pour son traitement de chimio. C'est ptite mère qui l'accompagne pour la première fois, je l'ai bien breefé en lui annonçant que c'était bien glauque là-bas... Est-ce qu'il va en profiter pour parler avec elle en lui disant la triste vérité du futur? S'il ne le fait pas durant ce court séjour de Mam' c'est que vraiment il n'en a pas la force et la mission me reste sur les épaules.

La surprise de la présence de Mam' chez eux au moment ou la famille revient des US a été très bien accueillie. J'avais eu un petit doute à la suite des conseils d'une amie de Mam' qui disait que ce genre de chose ne se faisaient pas. Toute la petite famille était fatiguée par le jet-lag et l'aide était la bienvenue.

Comme prévu je suis allé hier à la poste du village chercher le recommandé qui m'était déposé vendredi dernier. Je m'y attendais: c'est une mise en demeure du RSI qui continu à me réclarmer les 3 mois de cotisations: août, septembre et octobre alors que j'ai vendu ma boutique le 23 juin!
De retour à la maison j'ai appelé tout de suite leur plateforme téléphonique pour la quatirème fois. Et là, c'est merveilleux, l'opératice me dit: "vous savez, ça ne sert à rien de nous appeler à ce numéro ... Il faut contacter le RSI de la Charente, evoyez un courrier!". C'est au bout de la quatrème fois qu'on me dit ça!!! Pourtant, avant d'avoir quelqu'un en ligne le serveur nous demande notre numéro de département donc, dès le début, je pensais logiquement que cela me dirigeait automatiquement sur la plateforme de ma région. Eh bien non! A quoi ça sert? A faire des sondages? Je ne sais mais ça ne sert donc à rien!!!
J'ai deux courrier de leur part qui confirment qu'ils ont bien pris en compte ma cession d'activité depuis le 23 juin et de l'autre côté ils me réclament 3 mois que je n'ai pas à leur régler! Et en recommandé s'il vous plait! Un peu d'argent de dépensé pour rien. Bref, c'est typique de l'administration française. Dès le début de mon activité plusieurs artisans m'avaient prévenu: "le RSI c'est le gros bordel!". Effectivement. J'ai donc immédiatement fait un courrier en y joignant les pièces justificatives: l'attestation de vente de mon notaire et leur courrier RSI qui confirme ma date de fin. Maintenant il me reste à l'envoyer (j'ai un mois). Par contre je ne sais pas si je dois le faire en recommandé ou pas.

Pour rester dans l'administration j'ai profité d'être à la poste pour envoyer ma taxe d'habitation. Bang! 602€! Plus cher que mon studio à Paris dans le 5ème arrondissement! Alors que la région est très pauvre côté emploi ils nous mettent les impôts très élevés! Liberté, égalité, fraternité: le plus gros mensonge de la France! J'espère que le virement de la somme de la vente de ma boutique n'aura pas de retard et arrivera bien sur mon compte en décembre comme prévu (la somme est bloquée durant 6 mois) parce que mon épargne commence sérieusement à baisser. Je vais devancer le retard de mon notaire et le relancer à ce sujet dès la fin de ce mois.

Notre météo est bien une météo de novembre: gris, pluie... tout pour rester confortablement au chaud chez soi sous la couette: ce que je ne me prive pas de faire ces derniers jours! Ma seule activité quotidienne est la balade des Patous. Heureusement que j'ai des chiens, ils me permettent de marcher car si non mon activité physique serait bien pauvre. Mais je suis bien au chaud, chez moi, je ne m'ennuie toujours pas, les journées passent vite. Le moral va est vient. Je peux avoir de grosses descentes comme des montées correctes. Je laisse faire même si je me sais très sensible de ce côté là.

vendredi 14 novembre 2014

Je me disais aussi, ça fait au moins 10 jours que je n'ai pas eu de galères particulières. Dans boite aux lettres hier: papier d'un accusé-réception au nom du magasin. J'aime pas ça mais pas du tout. Qu'est ce que cela peut-être??? Le RSI qui me réclame 3 mois alors que j'ai vendu? Trois fois que je les appelle pour leur expliquer la situation. Le dernier appel date d'il y a 10 jours et la personne que j'avais en ligne se montrait rassurante: "ne vous inquiétez pas, nous devons avoir vos revenus de 2014, votre comptable à jusqu'en décembre pour nous les communiquer. Après ça, tout se ré-équilibra. Ne réglez rien, attendez." Ou est ce ma saloperie d'ancienne employée? J'avais lu qu'une fois licenciée elle avait 6 mois pour lancer une procédure, délai dépassé aujourd'hui. Je regarde à nouveau rapidement sur le net hier soir et je tombe sur un forum ou une personne annonce qu'en fait on a 5 ans, ce qui me parait beaucoup. Ou est-ce le dossier du photocpieur? Je ne pense pas, le prochain prélèvement de leur part doit être en décembre et c'est à ce moment là qu'ils se rendront compte de mon opposition. Alors quoi, c'est quoi, qu'est ce que l'on me veut encore ????? Je comptais passer ce matin chercher ce recommandé mais finalement je vais me laisser ce week-end tranquille. Si c'est une galère, je me laisse encore deux jours! Si ça se trouve c'est une bonne nouvelle? Non, je plaisante!!!

A l'heure ou j'écris, ptite mère est dans le train pour Paris. Elle dort très mal ces denrières nuits. Même si elle ne m'en parle pas, je me doute bien des raisons. Je suis content d'avoir eu cette idée de l'envoyer à Paris pour accueillir et aider la famille à leur retour de New York. Il faut que j'envoie un mail à mon frère avant son arrivée pour lui dire que je n'ai encore rien di à Mam' car le fait de la voir soudainement là pourrait lui laisser entendre qu'elle sait. 

Une météo bien grise aujourd'hui avec de la pluie. Ce sera une journée couette je crois.  

jeudi 13 novembre 2014

Hier, une idée m'est venue que j'ai tout de suite suggéré à ptite mère: elle a les clefs de l'appartement de mon frère, pourquoi ne ferait-elle pas une surprise en les attendant chez eux le jour de leur retour de New York? Fatigués par le décallage horaire, reprise du traitement de chimio deux jours après, reprise de l'école des enfants, .... ils seront certainement content d'avoir une aide à la maison.

Une idée qui la ravie, une idée qu'elle attendait, certainement à l'affut de la moindre occasion pour se rendre aux côtés de son fils. Je suis content de l'avoir eu. Du coup elle voulait carrément partir dès ce matin mais après réflexion ce sera demain. Ils arrivent dimanche, elle aura largement le temps de faire quelques courses d'autant plus que le billet était moins cher vendredi que jeudi. Oui, vas comprendre les tarifs de la SNCF!!

Comme aurait dit mon père, m'a t-elle dit: "c'est bien une idée de mon Piel!".

Ce matin, réveil naturel à 6h30!!!! Comme avant, lorsque je bossais! Je ne me sentais pas fatigué et pas près du tout à me rendormir alors je me suis lever en pensant que j'allais devoir ouvrir la boutique pour immédiatement kiffer sur le fait que ce n'est pas vrai, que je vais vite me remettre sous ma couette et que, si je le veux, quand je le veux, j'ai la possibilité de faire une grande sieste dans la journée.

mercredi 12 novembre 2014

Un réveil qui me ressemble plus ce matin: 11h. Je dois me raccrocher aux seuls petits plaisirs que la vie m'apporte aujourd'hui: cette liberté.  HIer non seulement je me suis lever tôt mais c'était avec une humeur en harmonie avec la météo: grise. Je pensais régulièrement à mon frère et m'effondrais comme c'était le cas à Paris.

J'ai eu l'amie de ptite mère au téléphone hier soir. Elle venait de l'appeler et à parler longuement avec elle. Sans rien lui dévoiler elle a cherché à savoir à quoi elle s'attendait au sujet de la tumeur de mon frère. Elle sait, du moins elle se doute fortement de l'avenir. Elle s'attend à ce que la maladie attaque autre chose après la vue et redoute l'année 2015. Le fait qu'il soit parti en urgence pour ces 10 jours de vacances à New York la laisse bien penser que la durée de vie a été pronostiqué lors d'un dernier rendez-vous médical et qu'il ne doit pas être si lointain que ça.
Elle me conseil donc de ne rien annoncer officiellement, d'attendre le prochain "couak" pour, peut-être, lui développer un peu la situation mais autant l'épargner le plus possible. A part la faire chutter dans les abysses en lui annonçant la perte de la parole, de la vue, de la mémoire et du reste elle sait le principal. 

Je vais donc suivre son conseil et en parler à mon frère à son retour. Même si ça ne me soulage pas plus que ça parce que ça ne change rien à la situation, je suis déjà plus léger de ne pas lui annoncer le futur cauchemardesque qui nous attend.

"Heureusement qu'elle t'a!" m'a dit Jacqueline, cette amie dont je parle.
J'ai alors réalisé qu'après, effectivement, nous serons tous les deux. Le noyau de notre famille était d'un nombre de 4: les parents et nous, les deux enfants. Mon père est décédé, tous mes grands parents aussi et ce sera bientôt le cas pour mon frère.
Oui, seul ma ptite mère et moi-même allons rester là, si Dieu le veut j'ai envie de dire car pour la plus part d'entre nous notre mort n'est pas daté mais si ça se trouve je partirai avant mon frère, allez savoir! 
Bien sur, notre famille s'est agrandie avec mes deux chers neveux que je vais devoir aussi porter et accompagner. Ma soeur (demie)? Aucune nouvelle mais je sais qu'elle est partie le 4 novembre une semaine au Luxembourg pour son boulot. Sii son retour n'est pas déjà fait il est proche, j'espère qu'elle répondra à mon dernier mail et qu'elle sera le plus possible à mes côtés, je me sens tellement seul à devoir gérer cette situation à venir.

Mon frère nous a à nouveau envoyé quelques photos dont un selfie d'eux 4. C'est tellement difficile de les voir aussi bien, aussi heureux et de savoir que, bientôt....
Leur retour est le 16 novembre. Comme la rentrée doit être difficile pour lui. Il doit certainement se dire que c'est la dernière fois de sa vie qu'il a l'occasion d'aller à N.Y et probablement la dernière fois de sa vie de pouvoir faire un voyage. Deux jours après il a rendez-vous à la Salle P. pour son traitement de chimio. Après avoir eu 1h3O puis 1h de traitement à chaque fois, ce sera maintenant 1/2h. Même si cette réduction de temps tente à nous dire:"cool!" tellement c'est glauque là-bas, pourquoi diminuer ainsi, autant?
Oui, c'est terriblement glauque là-bas et maintenant que je connais les lieux je vais pouvoir le visualiser et ça m'apporte encore plus de peine. Mon ptit frère (qui en fait est le grand), mon cher frère, j'aimerai tellement pouvoir changer les choses, te sortir de là, tellement. Mais je suis totalement impuissant. Je ne peux que t'accompagner. C'est déjà tellement difficile pour nous, qu'est ce que cela va être lorsqu'il va commencer à se dégrader... 

Si les vents de mon cyclone se sont calmés depuis une semaine je sais que cela va de nouveau souffler de plus belle et que nous ne pourrons échapper à son oeil. 

Noël arrive, puis le jour de l'an et le 13 janvier ce sera son anniversaire: 46ans ...



mardi 11 novembre 2014

mardi.

Je ne sais pas quelle heure il devait-être ... 5-6h du mat? J'entends Gaspard qui demande à sortir en grattant la porte seulement je plane, je suis trop loin pour revenir et lui ouvrir, je repars dans mon sommeil. A 8h, une odeur terrible me réveil .... Eh merde! Il m'a fait un bronze sur le carelage. Quel réveil olfactif! Forcé, je me lève en nettoyant de suite avant mon café, juste de quoi avoir la nausée. J'ouvre porte et fenêtre, allume mon diffuseur d'huile essentielle et en quelques minutes l'air devient sain.

Café prêt, je me faufile à nouveau sous la couette quand soudainement: plus d'électricité. Eh bé! Ça promet cette journée! Je file voir les plombs qui se trouvent à l'autre bout du jardin, j'appuie au hasard puis reviens dans la maison. Eureka, lumière!

Du coup, j'écoute comme lorsque je bossais, Europe 1 matin. Malheureusement je tombe sur Cantelou qui ne m'a jamais fait rire. Sa cour est à côté et s'en charge, la reine du faux rire: Julie, toujours fidèle au poste.

A force de voir la pub "Ok google, comment je fais-ci et ou je vais là", je me mets à essayer cette version vocale qui, effectivement, marche très bien même mieux que Siri qui ne comprend jamais ce qu'on lui dit. Question: comment Google est au point et Siri à la rame.

Hier, j'ai enfin eu le courage d'appeler Jacqueline, l'amie de Mam pour lui parler de la situation de mon frère et lui demander son avis dans les propos que je dois tenir avec Mam. Elle réfléchie et me rappelle aujourd'hui. La pauvre a également perdu son fils d'une leucémie il y a quelques années.

Pour une fois, j'ai réservé un mois à l'avance mon aller SNCF pour mon prochain séjour parisien. Ayant 3 rendez-vous dentiste, je ne peux modifier mes dates. Généralement, à chaque fois que je prends un billet aussi tôt qui est donc non modifiable non remboursable, j'ai toujours eu à le modfiier et donc le perdre. Voyons s'il y a une évoltion de ce côté là mais quand j'ai vu que le prix n'était "que" de 40€ alors que la dernière fois il était de 85€, j'ai tenté le coup.

Aujourd'hui devrait être du gris et de la pluie: sortir les chiens et rester au chaud. Là dessus au moins, ça me fait toujours autant plaisir de pouvoir le faire.

Voilà un peu en vrac ce qui sort ce matin!

lundi 10 novembre 2014

Lundi, réveil.

Je n'ai pas du tout aimé ma piste d'atterrissage de mon réveil ce matin. M'est revenu à l'esprit mes dernières galères avec la boutique: je me mets à repenser au client qui me doit 150€, qui m'a menacé lorsque, gentiment, je suis venu les réclamer au bout de la troisième fois. Au début je comptais ne pas me laisser faire, j'ai assez perdu avec cette boutique, ralebol d'être le DAB des cassos du coin: huissier! Mais seulement, vu le faible montant la procédure ne pouvait être qu'à l'amiable. Et puis après je me suis dit qu'ils sont assez barrés dans le coin et quand on voit certains faits divers, le mec aurait pu mettre en pratique ses menaces: m'attendre à la porte de chez moi. Bonhomme bien bâti, bien carré, je n'aurai pas fait le poids. Fatigué des problèmes que m'a apporté le magasin, risquer le truc pour 150€... J'ai laissé courir mais comme tu le vois, il m'arrive encore d'y penser et cette injustice me blesse. Ce client a une famille nombreuse (probablement pour obtenir les aides), fidèle durant mes années d'activité, il faisait partie de ceux à qui j'acceptais les crédits malgré ma trésorerie à découvert. Il m'a toujours réglé en 4 ans mais après m'être fait avoir par plusieurs clients, je lui avais demandé de ne pas dépasser les 100€ de note. Seulement là, exeptionnellement il était en galère, j'ai alors accepté de monter jusqu'à 150 et voilà le résultat aujourd'hui. Aides les autres et fais toi baiser!

Ces pensées du réveil passent. Je prends mon café et reçois une invitation facebook. C'est Seb, un ami commerçant du village, un mec que je connais depuis qu'il a 3ans, lui aussi homo mais loins d'en faire son coming out. Lorsque j'ai eu mes grosses galères avec Gael, il était à mes côtés, outré par ce comportement et outré par celui de thierry, l'autre commerçant qui couchait avec mon mec et qui l'encourageait à continuer de me voler en lui proposant de mettre l'argent des vols sur son compte bancaire pour éviter risques en cas de control. Celui là même qui avait proposé à Gaël le plan machiavélique de me ruiner pour racheter à bas prix, lui et Gael, ma boutique. 
Seb était déjà en froid avec Thierry et cette histoire n'avait fait que baisser la température entre eux. 
Et puis, il y a quelques mois Seb m'avoue qu'il a un peu reprit contact avec lui. Bon. Et là, alors que je regarde son compte facebook avant de valider sa demande, je vois qu'il aime carrement la page de Thierry, que Thierry partage des publications de Seb, bref, aujourd'hui ils semblent avoir reprit plus qu'un peu leurs contacts. Ça me tue! Que des faux cul, des lâches. Ils te crachent dessus et te lèchent après, pire que le monde de la télé!

Alors bien sur, ce n'est pas Seb qui a vécu l'histoire, histoire qui me semble avoir eu lieu il y a 6 mois mais cela doit maintenant déjà remonter à 1an 1/2-2ans. Bien plus facile pour lui de passer à autre chose et d'oublier. Pourtant il semblait vraiment détester ce thierry. Il n'empêche que si les rôles étaient  inversés, si c'était Seb qui avait vécu tout ça, je n'aurai pu par la suite me lier à nouveau d'amitié avec un personnage qui a eu ce fonctionnement. Mais bon, moi je ne marche pas comme tout le monde apparement. 

En tous les cas je me suis bien trompé plusieurs années lorsque je bossais en télé en me disant que les gens de ce milieu sont hypocrites et faux cul. Je pensais que lorsque je n'allais plus être "l'assistant de." il n'allait plus avoir personne puisque à leurs yeux je n'aurai plus été personne. Et je me rends compte aujourd'hui que les gens qui sont le plus derrière moi avec mon frère et déjà, lorsque j'ai eu les problèmes avec Gaël, sont des gens de télé. Alors bien sur il y a des hypocrites et faux cul dans ce milieu, c'est du domaine public mais il y a aussi de belles et vraies personnes. 
Tous les amis que j'ai revu la semaine dernière à Paris sont des gens de télé et de radio et ils m'ont tous à nouveau apporté leur soutien alors que pour la plus part je n'avais pas revu certains depuis 5ans.

J'ai quitté la capitale et ce monde médiatique pour arriver dans ce village de 800 âmes afin de trouver plus de simplicité et de vrais gens, résultat: je me suis planté. 

J'en ai reparlé avec mes anciens collaborateurs la semaine dernière qui confirment néanmoins que j'ai bien fait d'arrêter mon boulot, ils se souvenaient comment j'étais, j'arrivais au bout, je ne pouvais plus supporter le patron et aujourd'hui je serai devenu fou, déprimé ou mort d'un accident de scooter parce que le patron n'a pas changé d'un poils et a même empiré. Malheureusement je n'ai jamais cru à une évolution positive de sa part, d'où mon départ. Là dessus au moins je ne me suis pas planté.

Je ne sais pas si j'arriverai à trouver ma place un jour dans cette vie. 

dimanche 9 novembre 2014

Allo quoi!

Incroyable la trouvaille de ptite mère pendant mon absence: 2 annuaires téléphoniques de 1969 avec les numéros qui commencent par 033. J'y retrouve toute ma famille aussi bien paternelle que maternelle. Le papier est jauni avec une odeur d'ancien, j'aime. 

C'est presque un prétexte pour venir là parce que depuis hier, j'ai retrouvé mes calmes journées. Aucune nouvelle galère ne m'est arrivée depuis une semaine, c'est louche!
Coucher tard, lever tard, balade Patous, rattrapage d'une semaine d'absence de calins, un peu de télé, un peu de net, un peu de ménage et c'est déjà la fin de la journée. Elles paraissent bien plus courtes ici, en province. A Paris, alors qu'à 18h la ville grouille encore, ici, tout le monde dort. Mes rendez-vous diners dans la Capitale sont entre 20h30 et 21h, ici c'est 19h, 19h30... Un autre monde!

Hier, passage chez Mam' avant d'aller prendre l'apéro chez mon pote Thib. Elle va bien en ce moment, du moins mieux que ces derniers mois. Elle sait mon frère à New York avec sa petite famille, elle voit les photos ou il est heureux, tout cela doit un peu faire oublier sa maladie. Je ne peux gâcher ces moments en lui disant la vérité, il est sur maintenant que je vais attendre au moins leur retour en France pour le lui en parler. Je n'ai pas encore appelé son amie pour lui demander conseil, aujourd'hui peut être?

En revenant de chez Thib, l'heure du diner était là, j'en ai profité pour tester le McDo en drive en ayant auparavant commandé avec l'application. Pratique, plus rapide je ne sais pas mais rien à dire, rien à régler, patienter que monsieur ou madame Mc Do apporte la commande jusqu'à la voiture et filer. 
Je n'en reviens toujours pas d'avoir ici, un McDo chez moi! Pas une bonne nouvelle pour mon hygiène de vie mais entre ça et sauter le repas par fleme ou rien dans les placards ....

samedi 8 novembre 2014

Samedi.

A nouveau quelques clichés du voyage de mon frère et sa famille à New York à mon réveil. Toujours aussi dur et inimaginable de croire aux prédictions du futur quand on les voit comme ça, 

Après avoir retrouvé une semaine d'activité parisienne j'ai eu envie de ne rien faire hier si ce n'est bien sur la balade des Patous, balade qu'ils n'avaient pas eu depuis huit jours. Téléphone sur messagerie, je me suis coupé de l'extérieur. J'ai regardé si l'iPhone était disponible sur le site web d'orange. Oui! Seulement dans mes souvenirs il me coûtait 200€ mais faux: c'est le double! Du coup, hésitation, j'attends encore un peu en espérant qu'il n'y est pas non plus une rupture de stock de ce côté. Dans quelques jours je dois payer je ne sais plus quel impôt: plus de 600€ (il me semble que c'est ma taxe d'habitation parisienne). Cet achat aujourd'hui ne serait pas très raisonnable. Le mois prochain, si tout va bien, je dois enfin toucher l'argent de la vente du magasin. Pas une raison bien sur pour dépenser à tout va mais je pourrai me permettre cette petite folie histoire d'avoir un truc qui me fasse plaisir dans ce triste présent. 

Depuis que je suis revenu dans ma campagne j'ai encore plus de mal à m'imaginer l'évolution de la maladie de mon frère, comme ci elle n'existait pas, comme ci je n'avais pas vécu cette scène dans sa cuisine dont je me souviendrai toute ma vie. Un cauchemar ? Comme toutes ces 5 dernières années?
Dès que mon attention se fixe dans ces proches souvenirs qui me remettent dans le présent, les larmes sont au bout mais je pleure bien moins qu'à Paris comme ci la distance apportait aussi de la distance à notre actualité. Et puis je vois les photo mon frangin, heureux, avec sa famille, si on ne le sait pas rien ne montre cette putain de maladie. 

J'ai pensé à un truc hier pour m'aider à annoncer les mauvaises nouvelles à ptite mère: téléphoner à l'une de ses très bonne amie de longue date qui a, elle aussi, perdu son fils d'un cancer il n'y a pas très longtemps. Elle pourra me dire ce qu'attend une maman dans cette terrible situation. Elle veut tout savoir? Elle ne veut rien savoir? Savoir juste le principal? Avoir tous les détails? Si je me sens d'attaque aujourd'hui, je l'appellerai. 

vendredi 7 novembre 2014

Retour à la campagne.

Et me voilà de nouveau au calme dans ma campagne, là encore comme si je ne l'avais pas quitté. Néanmoins, les chiens, on voit bien qu'il y a eu un long moment d'absence! Évidemment, grande fête des deux lorsque j'ai franchi le portail! 7 jours sans sortir du jardin, je ne vais pas tarder à faire la balade, une grande balade en essayant de trouver les espaces sans pluie prévus aujourd'hui. 

Le voyage en train c'est bien passé avec un événement: à l'heure!!! C'est tellement rare que maintenant les tableaux d'affichages précisent: " train à l'heure"! J'ai tellement fait ces allers/retours chaque week end, c'était mon métro. Bien sur, abonnement fréquence terminé depuis 5ans. Plein tarif hallucinant: 85€ pour 2h de voyage dont plus d'une heure en vitesse normal, non TGV. Envie d'un coca durant le trajet? 3,80€.. 20 francs la cannette. Quand tu sais que moi, dans ma petite boutique j'avais la canette à 0,42€ H.T, je me demande à combien l'optien la Sté de restauration SNCF qui l'a certainement encore moins cher que moi. 

Comme avant, ptite mère m'attendait sur le parking de la gare, dans sa voiture. Je m'en doutais car elle ne peut s'en empêcher, j'ai retrouvé ma maison super bien arrangée: elle a déballé toutes les affaires de la boutique qui restaient en plan dans notre maison de verre dont je comptais m'occuper... un jour! Elle lui a redonné vie, comme toujours, avec gout et de supers idées. Avant de partir je lui avais demandé à plusieurs reprises de ne rien faire pour ne pas se fatiguer mais penses tu! Elle aime ça et en même temps cela lui occupait ses journées. 
Finalement je ne me donne pas spécialement de jour pour lui apporter les mauvaises nouvelles de mon frère. Jusqu'ici elle ne m'en a pas demandé car elle l'a eu au téléphone. Sans lui développer le futur, ces dernières lui suffisent et puis, il est actuellement à New York, elle ne peut pas aller le voir, autant attendre si possible son retour en France, autant la laisser encore quelques jours heureuse même si je sais qu'elle ne l'est pas, se doutant fortement de la fin inévitable. Seulement aujourd'hui elle n'a pas de "date" ni de détails de cette fin. Néanmoins si entre temps la conversation à son sujet arrive, je ne veux pas lui mentir et il le faudra lors assumer la mission que mon frère m'a donné.

Une petite photo de lui à mon réveil envoyée par mail, enfin, des deux enfants qui dormaient sur le canapé avec une légende: "crevé après toute une journée à Manathan!" ....

jeudi 6 novembre 2014

Paris, un jour de départ.

Allez, il me reste 40 minutes avant de quitter ma chambre d'étudiant pour aller Gare Montparnasse, un dernier petit post parisien.

Je suis allé chez Orange rue Soufflot pour mon iPhone. Ça vaut bien la peine, ils me dirigent sur le site internet car toutes les boutiques sont en rupture de stock, seul le 16go est dispo, je veux plus. Peut et que le web en a encore. A voir une fois dans ma campagne. 

Ayant bien nettoyé toute ma chambre, un Quick se trouvant à côté de la boutique, 13h sonnait, hop! J'ai déjeuner là-bas. J'avais aussi le choix avec un McDo qui se trouve en face mais maintenant que l'enseigne est aussi chez moi, autant profiter de ce que je n'ai pas là bas. 

Sur place je consulte mes mails et en reçois un de mon frère: "bien arrivés... En toute discretion!" Et il me joint 3 photos de leur limousine intérieur et extérieur, grande classe! Bon, à l'intérieur ça ressemble à une boîte de nuit des années 80 mais pour le trip, c'est cool.

Petite appel téléphonique à Mam, qui a une bonne voix. Je ne me suis pas vraiment arrêté sur la manière et le moment de lui annoncer le cauchemar. Je pense le faire demain, je ne dois pas trop trainer car plus je traine plus je mens. C'est terriblement inconfortable et tortureu de devoir être le messager de ce genre de nouvelles. Il y aura un avant et un après et sans que ce soit la faute de personne je le ressens quand même un peu comme ça. 

Jeudi, au revoir Paris.

Je me suis décidé hier: je rentre aujourd'hui dans ma campagne. Il me reste quelques amis à voir mais pourquoi me mettre la pression puis que je reviens dans un mois. D'autant plus que les chiens "dépriment"! Depuis deux jours Gaspard reste allongé sur mon lit toute la matinée, Mam doit le bouger pour qu'il sorte. Aussi bien lui que Zoé couinent, alors il est tant de rentrer même si....
Même si j'appréhende mon retour avec la très mauvaise de nouvelle que je dois annoncer à maman.
J'appréhendais mon arrivée à Paris redoutant les propos de mon frère et maintenant c'est la même chose chemin inverse, redoutant mes propres propos.

Hier, grand départ pour New York de ma petite famille. Je suis arrivé chez eux prendre un café et suis resté jusqu'à l'arrivée de leur taxi. Avant de partir de l'appartement, tous installés sur le canapé, je nous ai fait un selfie. Nous nous sommes bien sur enlacé fort pour nous dire au revoir et, lorsque leur voiture m'a doublé alors que moi je rentrais à pieds, mon frère et moi avons eu un grand regard profond, un regard qui disait beaucoup. Heureux mais en même temps en connaissant exactement chacun la réelle situation. C'est certainement son dernier voyage....Mes larmes ont alors commencé à couler mais, dans la rue, je me suis vite repris. 

Comme la dernière fois, je suis rentré à pieds de la gare st lazar à La Sorbonne, les pensées un peu ailleurs.

Le soir, à nouveau un peu de légèreté: diner avec mes anciennes collaboratrices, une grande joie de nous retrouvé. Là aussi je n'ai pas trouvé qu'elles avaient changé, pas une ride! Je donne bien sur de mes nouvelles qui ne sont que mauvaises mais qu'elles connaissaient déjà un peu et, au moment de dire le dernier discours de mon frère, contrairement à avant hier ou j'ai assuré, là, ma voix n'a même pas tremblé puisque mes mots n'arrivaient plus à sortir et... J'ai pleuré bien sur. 
Puis vient le tour de leurs nouvelles à elles. Professionnellement rien, mais rien à changé!!!! Le boss est exactement pareil si ce n'est pire. J'ai retrouvé des habitudes que j'avais oublié.
A la fin du repas, étant juste à côtés des bureaux, elles m'ont fait faire la visite de ces derniers car  je ne les connais pas, ils sont arrivés là au début de l'été. Eh bien je n'aime pas! Je préfére ceux d'avant et encore plus ceux d'avant, avant!!! Puis à un moment l'alarme retentie. Panique et fou rires. Pourtant nous pensions avoir bien tout désactivé mais non! Plusieurs fois cela m'arrivait quand je quittais les bureaux étant généralement toujours le dernier à partir. 
Là aussi étrange sensation de n'avoir jamais quitté cette société, que ces 5 dernières années n'avaient pas existé (j'aurais bien aimé!). 

1h du matin, j'arrive à la maison, déposé par un Uber, service de voiture avec chauffeur dont j'avais entendu parler mais sans encore l'avoir utilisé. Mon frère m'en avait commandé un vendredi dernier pour rentrer de sa soirée, je m'étais alors téléchargé l'application et hier soir était ma première commande perso. Oui, vraiment un chouette service: de nombreuses voitures disponibles, rapide et moins cher qu'un taxi avec en plus la gentillesse des chauffeurs. Les taxis gueulent de cette concurence mais quand ils arrêteront de choisir leurs courses en fonction de la tête du client ou de sa destination avec, pour la plus part, leur mauvaise humeur, ça ira probablement mieux pour eux. Durant plusieurs années je prenais régulièrement les taxis et, même si bien sur ce n'est pas le cas de tous, leur relationnel avec leur clientèle est plus qu'à revoir.

Et voilà, cet après midi, c'est le train, Gare Montparnasse. J'avais mis mon réveil à 10h mais c'est seul que je me lève à 8. Ça m'a fait beaucoup de bien de retrouver mes amis, de vrais amis. Tous n'en revenaient pas du scénario de Gael et me conseillent d'en écrire un livre!

Je crois que je ne suis toujours plus parisien. La monde, la circulation, le bruit, tout cela m'agresse maintenant. Et ce métro, mon dieu!!!! Serrez comme des sardines. À Saint Lazare c'est une véritable fourmilière. Ils courent tous, pour la plus part certainement pour rien mais c'est comme ça ici, il faut faire le mec pressé.

Ce soir, je vais retrouver mon calme et dès demain mes grandes balades avec mes chiens. 
J'ai très envie, avant de partir, de m'acheter l'iPhone 6, comme le frangin. J'aime me faire ce genre d'achat quand je suis en peine. 

mercredi 5 novembre 2014

Un mercredi à Paris.

Je me suis rendu hier matin au rdv chez un nouveau dentiste que ptite mere avait pris pour moi lors de son dernier séjour à Paris, sachant que ce n'était pas moi qui allait le faire. Première infidélité à celui qui nous soigne depuis petit et qui habite à côté de la maison. Celui-ci, ou du moins celle-ci, est située à 10 minutes à pieds de chez mon frère. Comme beaucoup, je ne suis pas fan des dentistes, hyper sensible à la douleur, la dernière fois que je me suis enlevé une écharde j'ai failli tourner de l'œil, c'est pour dire. Mais hier, pas de mal: elle a juste fait un état des lieux et un détartrage. Trois rendez-vous sont fixés dans un mois, sachant que mes séjours parisiens allaient devenir fréquents. Trois petites caries et une dent qui demande un travail plus important (trou, plombage enlevé...) seront en chantiers. Elle fera également des radios pour voir si déchaussement ou non mais il semble que oui, un peu. Ce qui est sur puisque mon ancien dentiste me l'avait annoncé. 

Ensuite je suis allé chez mon frère pour la première fois, l'accompagner à sa chimio à la salle Pétrière. Quelle horreur!!! C'est l'après chambre de la mort là bas. Lieux très vétustes, glauques, le decors est planté pour que le patient déprime à fond. Je ne sais pas ... Un petit coup de peinture au moins dans la salle de traitement avec une plante verte ce n'est pas ça qui les mettrait encore plus dans le rouge!
En y allant, je regardais mon frère marcher, avec son bonnet sur la tête. J'avais la sensation de voir mon père que j'accompagnais aussi pour sa chimio. Terrible. 
Au moment de son rendez vous avec son oncologue j'espérais venir mais quand j'ai demandé à mon frère si je devais rester dans la salle d'attente, il m'a dit oui, j'ai respecté. Ses défenses immunitaires commencent à faiblir et il pourrait attraper une infection pulmonaire. Pour l'éviter il a eu pour la première fois une sorte de masque, un aérosol qu'il a du garder 1/4 d'heure. 
Comme mon frère m'a dit au moment de s'installer dans le fauteuil en attendant qu'un infirmier, le pique: "là c'est terrible, c'est là que tu te dis que tu es vraiment malade, ça concrétise le truc"... Tu m'étonnes.

Une infirmière arrive, le pique et mon frère crie, elle a raté. Un gars arrive à sa rescousse, prend sa place et réussi sans douleur. Moi, dans un fauteuil à côté, je feuillette des journaux qui datent de 2010 et 2012, lis sans lire, tache d'avoir un comportement léger et détaché alors qu'à l'intérieur c'est tout l'inverse. Je me dis que je n'arrive pas croire que je suis en train d'accompagner mon frangin de 45ans à sa chimio après avoir accompagné mon père. Je le regarde quelques instants lorsque je le vois fermer les yeux, je me dis que je ne peux croire que dans quelques mois son état va totalement se dégrader pour arriver à une mort certaine. 

Après son rendez vous avec son oncologue, il me fait un résumé. Celui ci est moins catégorique que le chirurgien qu'il avait vu il y a 15 jours en lui donnant une date de début de dégradation. Il lui dit qu'ils ne peuvent pas du tout connaître "une date", ça peut être dans 1ans, 2ans comme dans 2 mois. Mais mon expérience d'accompagnement de mon père me fait dire qu'en fait, l'oncologue est plus psychologue que le chirurgien, qu'annoncer une fin avec le détail du programme n'est pas bon du tout pour le moral du patient et qu'il a alors utilisé d'autres mots apportant plus d'espoirs mais moi personnellement je crois le chirurgien dont les propos en plus, correspondent aux recherches que j'avais fait, entre autre avec la thèse d'un médecin sur la fin de vie avec cette tumeur. On va prendre l'image du chirurgien qui est le mécano, un peu brutus, un peu cru, et l'oncologue qui est le patron qui sait demander la facture en essayant de l'adoucir. 

Après un peu plus de 4 heures, nous quittons enfin la salle Pétrière. 

Le soir, ouf, un peu d'air et de gaité, je retrouvais mes amis D&G place saint opportune pour diner. 
Dans ma vie d'avant c'était généralement toujours là où nous nous donnions rendez-vous pour ensuite aller diner ou boire un verre dans le marais. Nous étions un petit groupe de 6 potes avec une amitiés de plusieurs années: plus de 20ans. J'etais content de retrouver cette habitude et encore plus content en m'appercevant une fois arrivé qu'en fait il n'y avait pas que D&G qui m'attendaient mais aussi tout le reste de la bande, ce que j'ignorais totalement.
Comme avant, comme il y a longtemps, nous sommes allés diner au Diable des Lombards, un resto qui etait l'une de nos annexes. Là au moins, rien a changé, aussi bien le décors que le serveur. On avait vraiment l'impression d'être 10ans en arrière. J'apprends alors que L&L ont aussi quitté Paris pour s'acheter une maison dans le Perche! Plus de chance que moi, leur boulot respectif permet et accepte le télé-travail. Ils y sont depuis la fin du printemps et semblent pleinement heureux. Bref, à la Bruel, nous nous racontons notre vie d'aujourd'hui. Inutile de te dire que celui qui avait le plus à parler c'était bibi, c'était moi! C'est terrible de donner de ses nouvelles sur ses 5 dernières années avec que des galères!!! Car oui, c'est bien simple, je n'avais que des douleurs à raconter !!!!!! J'ai senti ma voix trembler lorsque j'en arrive au chapitre de mon frère mais j'arrive à me maîtriser. 

Bref, j'ai passé une très bonne soirée, comme avant. 

Aujourd'hui je vais chez mon frère prendre le café et leur dire au revoir avant leur grand voyage pour New York. Ils quittent l'appartement vers 15h30 pour décoller de CDG vers 18h30. Je les reverrai alors lors de mon prochain séjour qui, suite au dentiste, est donc programmé dans un mois. 

Ce soir, c'est un diner à nouveau rive droite, dans le 18ème, avec mes anciens collaborateurs. Je vais à nouveau être la Causette et raconter tous mes problèmes. Là aussi ça me fait bien plaisir de les retrouver.

Du côté de Maman, tout semble aller, il faut en profiter. Gaspard semble faire une petite déprime: hier il est resté toute la matinée sur mon lit. Vous me manquez les loulous! Je reviens!

mardi 4 novembre 2014

Au lit.

1h00 du matin. Retour de mon diner, un agréable moment. Je regarde rapide mon Twitter et tombe sur cet article, c'est exactement ce qu'à mon frère. ...

lundi 3 novembre 2014

Un lundi à Paris.

Bonne et simple petite soirée avec ma cops Nelly hier à l'hippo de Montparnasse. A chacun de mes passages à Paris depuis que j'ai quitté la ville, c'est notre rituel, notre lieu de rendez vous. 
Rendez-vous avec les amis à voir presque tous fixés. Il m'en reste 3 mais je n'ai plus de temps, alors j'envisage de rentrer vendredi au lieu de jeudi, avec l'accord de Mam qui fait "nounou dog" en mon absence. Elle m'a dit hier que maintenant les deux sont tristes: aussi bien Gaspard que Zoé. Mes loulous blanc! Je reviens, je reviens. 

Je ne vois pas mon frère aujourd'hui, il ne faut pas non plus que soudainement je sois collé à lui 24/24 mais je vais encore aller pour le déjeuner et pour le diner dans son quartier. A 12h30 déjeuner avec Delphine, une amie de 30ans connu en C.harente et qui bosse dans les bureaux de la SNCF de St Lazare. Ce soir, c'est diner avec Od., une ancienne collaboratrice de plusieurs années, qui bosse elle, toujours en télé, aujourd'hui productrice. Nous nous connaissons depuis 25ans. Elle habitait dans un appartement très mignon du 15eme arrondissement mais vient de m'apprendre qu'elle a déménagé: métro Brochant. Demain soir je retrouve mes chers D&G, deux amis en couple depuis de longues années (mais dont un n'est pas toujours fidèle, je le sais!) que je connais depuis 26ans. L'un bosse en radio, l'autre voulait être acteur mais je crois qu'il cherche toujours du boulot. Rendez-vous place Saint Opportune pour ensuite diner dans la Marais. Que de souvenirs, de nombreuses fois dans ma vie d'avant nous nous donnions rdv ici. D. est un bogosse italien, à deux reprises nous nous étions fait des vacances là-bas, dans sa famille, là aussi cela reste de merveilleux souvenirs. Mercredi soir c'est diner avec mes dernières et chères collaboratrices qui sont toujours dans la société. L'une était ma binôme et bosse toujours aux côtés de mon ancien boss, l'autre est celle à qui j'ai donné ma place, ce qui m'a permis de changer de vie. Bref, ce sont les deux nouvelles binômes d'aujourd'hui.
Il me reste à fixer rdv avec David&Jess, Sandrine et Sophie, ça va être serré. 
Pendant ces moments avec ces amis je vais avoir la sensation de faire un bon dans le passé et d'effacer le présent, j'aimerai tant.

Ce matin, toujours pas de retour de ma sœur au sujet de mon dernier mail.. Elle doit totalement bloquer. 

dimanche 2 novembre 2014

Un dimanche à Paris.

Hier j'ai à nouveau marché dans les rues du quartier, c'est le seul moyen que j'ai trouvé aujourd'hui pour ne pas pleurer. J'ai voulu allez dans ma chère Notre Dame mais la file d'attente était tellement grande que j'ai abandonné. Inutile d'entrer dans la cathédrale avec un monde pareil. Je m'asseois alors sur l'un des petits murets juste en face, regarde l'édifice et les touristes nombreux à se prendre en photo en groupe ou en selfie. Je ne connais pas leurs vies mais ai envie d'être à leur place, ils sont biens, contents, viennent de l'autre bout du monde pour visiter la capitale de l'amour. Ça fait combien d'année que je n'ai pris l'avion pour faire comme eux? Je crois que la dernière fois c'etait juste avant de prendre la place d'assistant de mon animateur-producteur. Je savais tellement que ce nouveau contrat allait être difficile que pour la première fois j'étais parti tout seul au Maroc pour une semaine. Je ne connaissais rien du pays et avais réservé une chambre d'hôte à Essaouira. Ca reste un merveilleux souvenir mais c'était il y a ...13ans!!! Après nous avons appris le cancer de mon père et j'ai consacré mon temps pour être à ses côtés: chaque week end et chaque vacances étaient en Charente. Je ne suis donc pas près de prendre l'avion ces prochaines années puisque maintenant c'est la cancer de mon frère!!!! Ca ne va pas arranger mon modeste budget, on s'en fou mais je compte bien venir regulierement à Paris dans les 6 mois à venir, chemin inverse de mon père.

J'ai eu maman au téléphone qui a une bonne voix. Avec une grande tristesse je sais que cette bonne voix ne sera plus là pendant un bon bout de temps et c'est moi qui vais devoir déclencher le debut de la descente aux enfers. 

J'ai également enfin eu un retour de ma sœur. Bon, les amis, je suis définitivement seul. En fait elle a très bien saisi les propos de mon frère seulement n'étant que dans le spirituel elle dit ne pas savoir quoi lui dire et préfére se focaliser sur le positif d'aujourd'hui, à savoir son voyage à New York, d'où sa simple phrase: "je ne sais pas quoi te dire pour ta maladie".
Pour le coup, je ne la comprends pas. Elle est complètement bloquée, elle ne voit vraiment pas quoi dire à mon frère. Je lui ai répondu qu'elle pourrait par exemple lui dire qu'elle l'aime et qu'elle a terriblement de peine à l'idée de cette nouvelle ... Je ne sais pas ... Je ne la comprends pas. A sa place j'aurai tout de suite envisagé de faire un séjour à Paris pour le voir, non, même pas. Elle se sent complètement démunie. Elle me suggère que ce soit à lui d'annoncer la nouvelle à maman, que ce n'est pas à moi de faire le tampon. Je ne la rejoints pas. Pourquoi demander à mon frère d'endurer ça alors qu'il endure déjà tellement. Ce doit être terrible d'annoncer à sa propre mère son décès et de la voir s'écrouler. Il a besoin de force, je ne pense pas que ça le lui en apportera. C'est double peine pour lui. Le fait que ce soit moi qui le fasse le soulage certainement. Je ne peux malheureusement pas soulager sa maladie alors tant qu'à faire ce peu, je peux au moins le soulager de ce côté là même si ça sera aussi très dur pour moi, ce n'est pas moi qui suis malade. Il m'a demandé ce "service" je ne peux pas le lui refuser. Genre: "ah non frangin, tu te démerdes, c'est à toi d'annoncer la nouvelle, pour moi c'est trop dur!". Impossible. 

J'avais la tête qui tournait après la lecture du mail de ma sœur et me suis tout de suite dit que j'étais tout seul dans cette épreuve, très surpris de ce retour.

Je déjeune chez mon frère tout à l'heure. Je lui ai téléphoné hier soir pour lui proposer. Rdv à 12h30. Après mon temps seul devra se terminer car j'ai une tripoté d'amis à voir et du coup je ne sais pas si je pourrai voir tout le monde. Même si je redoutais la mauvaise nouvelle, le fait qu'elle est été confirmée m'a assomé plus que je ne le pensais et il m'a fallu plus de temps que prévu. C'est Nelly que je commence à voir ce soir, la seule à qui j'ai déjà annoncé la nouvelle. Je sais qu'avec elle je serai moins gêné de craquer. 

samedi 1 novembre 2014

Paris midi.

Maintenant que je n'ose plus écrire dans "mon journal" après avoir perdu tous mes textes, l'écriture me manque, alors je viens noircir ici. J'aurais aimé noter tout ce que je vis aujourd'hui. Il faudrait que je téléphone à Apple pour savoir s'il y a moyen de tout récupérer mais j'y crois tellement pas que je n'essaie même pas. 

Dernier jour de beau temps pour une semaine, celle de mon séjour. Je dois voir des amis mais j'attends encore un peu, après ne pas m'avoir vu durant 5ans je n'ai pas envie qu'ils me retrouvent avec cette tête d'yeux bouffis! Encore besoin de digérer mon actualité. Je vais alors continuer mon errance, mon pèlerinage. Envie d'aller sur la tombe de ma grand mère que j'adorais et sur laquelle je ne vais jamais, elle se trouve porte de Saint Cloud. Bien sur, j'irai saluer ma chère Notre Dame et son point zéro. J'ai envie de trainer dans tous les endroits de ma jeunesse comme ci j'allais pouvoir rembobiner pour tout recommencer et changer le cours du destin. La rue de l'école de médecine à déjà ses décorations de Noël. Déprimant. Ma chère Marie de Malaisie, je suis passé devant ton ancien boulot hier, tu ne peux pas savoir comme tous les commerces ont changé, c'est dingue. Une librairie devient banque, un marchand de cartes postales une agence de voyage Havas, un coiffeur et une boulangerie un restaurant de sushi. De la bouffe et des banques, voilà la majorité des enseignes du quartier latin aujourd'hui.

J'attends des nouvelles de ma sœur (demie sœur mais c'est tout comme) et m'inquiète de son silence. Je lui ai envoyé un mail hier matin suite à la discussion de mon frère car il m'a dit qu'il lui avait écris tous les propos qu'il m'a dit et qu'elle avait du passr à côté car sa seule réponse parlait surtout du voyage à New York avec juste un: "je ne sais pas quoi te dire pour ta maladie", ce qui m'étonne, tout comme lui. Elle m'en aurait parlé, j'en suis sur. Alors peut être qu'effectivement elle n'a pas saisi la gravité de ses propos, je lui ai donc ecris avec des mots qu'elle ne peut pas ne pas comprendre. Mais toujours rien aujourd'hui, ça me surprend. Je vais avoir besoin d'elle moi, même si elle vit en Angleterre,au moins un soutien outre manche. 

Au sujet de ma discussion avance Mam, quand je vais lui dire le mauvais scénario, j'ai bien entendu que tu me conseillais de ne pas lui mentir mais de lui laisser me poser les questions. Seulement ptitemère ne pose pas de questions et ce serait surprenant qu'elle me demande d'elle même s'il va perdre la parole, la mémoire, etc.. Hors je pense que ce sont des choses à lui dire pour qu'elle sache à quoi s'attendre et s'y préparer et qu'elle profite du temps où il est encore bien avec toutes ses facultés pour vivre pleinement des moments à ses côtés. Bien sur, je ne raconterai pas le fait que son cerveau va se déplacer dans la nuque et apportera le coma... 
Mon frère m'a dit de lui parler si je sens "le bon moment" seulement elle sait que je vais l'accompagner à l'hôpital mardi et elle me demandera des nouvelles dès mon retour.... Pff je ne sais pas, ça m'énerve, je verrai le moment venu. 

Allez, encore quelques bols de café et je fille me promener. 

Au lit.

Merci les amis pour vos témoignages. Je sais bien que les mots sont durs à trouver, oh que je le sais! Quels seront ceux que je vais employer pour raconter cette mauvaise histoire à ptite mère, à cet instant je l'ignore totalement. 

Minuit passé, je rentre du diner de chez mon frère. Beaucoup d'appréhension avant de partir mais je me suis focalisé sur mon frère. 11 convives qui étaient informés avant moi de son état, moi c'est encore tellement frais que j'avais peur de craquer mais non, ça ne s'est pas produit. J'ai senti les larmes monter deux trois fois mais j'ai pu les arrêter. Tu avais raison Martine, c'était une bonne soirée et je n'ai pas bu quelques verres avant. (Très touché de tes pensées au bord de mer. Merci!!!)
Ça m'a fait du bien, ça m'a fait oublier le cauchemar actuel même si de temps en temps je regardais mon frère en me souvenant de ce qu'il m'avait dit la veille. 
Une soirée comme avant, comme si de rien était. Je dois presque me forcer pour me remettre dans le présent réel. 
Tous les invités étaient du monde de la télé. Ça m'a fait drôle d'entendre parler d'untel et d'untel que j'ai connu. L'un bosse maintenant ici, l'autre là bas. J'ai retrouvé les confidences du métier, les derniers potins et actualités internes. On m'a demandé si je voulais revenir dans le métier, le patron de l'un était l'un de mes anciens collaborateurs, il me proposait de lui faire passer le message. Je l'ai remercié mais décliné, qu'est ce que je ferai de mes Patous!!!
À ce sujet, les loulous blancs: ils vont bien, Mam est à l'heure côté. Certaines fois Gaspard pleure parai- il. Décidément, tel chien tel maitre!

Avant ce diner ma journée était... Je ne sais même pas. Tellement de pleures que lorsque je me suis rendu chez mon frère j'avais l'impression d'être sortie d'une piscine remplie de chlore ou d'avoir fumé 10 petards. Les pleurent arrivent d'une brutalité comme je n'avais rarement eu. Ça part comme ça, d'un coup et je ne peux plus arrêter jusqu'au moment ou, ca y est, je peux respirer. En plus dans ces chambres de bonnes tout s'entend, tu as l'impression d'être en collocation. Je mets alors mes mains sur yeux et bouche, glousse, me plie en deux, et laisse couler en essayant de laisser le moindre son sortir.

Je me suis testé en téléphonant à mon amie Nelly lorsque je marchais en errance dans les rues de Paris cet après-midi en me lançant le défi de lui apprendre la nouvelle sans pleurer. Échec. Heureusement, soleil toujour présent j'avais mes lunettes. Bref, tu n'as pas fini de m'entendre pleurer!!!!  Ça va durer, durer, durer car on en est au tout debut, en fait, ça n'a même pas commencé. Quelle horeure. 

Tu te souviens quand je te donnait l'image de moi, en tongues, en bas de l'Himalaya et que la tumeur de mon frère me demandait de monter au sommet? Ben j'ai pas monté d'un kopeck ! Nada, rien. Ou si j'ai monté deux pas, j'ai vite glissé en bas!

Aujourd'hui, fini l'Himalaya, c'est raté. Comme je l'ai déjà écris, toute cette histoire me donne plus l'image d'un cyclone. Tu sais, comme si au debut une rumeur circulait disant qu'un terrible cyclone allait traverser la France. Tu te dis "fake"! Pas de cyclone dans cette région du monde, alors tu n'y crois pas. Et puis plus tard tu commences à lire cette info sur le net, les médias commencent à en parler jusqu'à la confirmation de son arrivée prochaine. Alors tu commences à flipper. Le ciel s'assombrit, le vent commence à souffler. Les prédictions annoncent l'arrivée de l'œil dans 6 mois. Eh bien j'en suis au vent qui souffle. Je me suis pris une rafale hier. Qu'annonce ma météo demain. Pourvu que j'arrive à me raccrocher a une branche durant cette période. 

Et j'y pense: le jour de l'an!!! Ça va être une torture!!!! "Bonne année frangin, bonne année maman, Princesse, les enfants....

Quelle mascarade cette vie mais quelle mascarade !!!

vendredi 31 octobre 2014

Un triste réveil.

8h, mon reveil arrive. Je cherche les chiens, ne les sens pas près de moi puis tout me revient Je suis à Paris et tous les mots de mon frère raisonnent dans ma tête, le présent se remet en place. Je descends de la medzanine, fais mon café et m'effondre en larmes. J'espérais avoir fait un cauchemar mais non, les mots de mon frère reviennent, je n'arrive pas à croire ce que je vis et ce à quoi il va falloir faire face. Sincèrement je n'arrive pas à y croire, ce n'est pas possible. 
Après mon post d'hier je suis allé marcher dans les rues sans destination tout en devinant ou mon inconscient allait me porter: le jardin du Luxembourg, le refuge de la famille. J'y suis allé dès le berceau, j'y ai emmené petithomme1 dans son berceau. Soudain le téléphone sonne, maman. Je m'assois sur le premier banc et la réconforte en lui disant que je n'avais pas trouvé de changement physique sur mon frère, que je le trouvais assez en forme et que nous avons passé un bon moment. Tu parles! Je raccroche et reprends ma ma marche mais soudain les gardiens sifflent la fermeture du jardin, déjà, il etait 17h15. Alors je prends la sortie principale, tourne sur la gauche et avance droit devant moi. Arrive la rue de Tournon, je la prends. Toujours à gauche, voilà la place saint Sulpice. Je regarde l'église, les portes sont ouvertes, pourquoi pas. J'entre. 
La dernière fois que j'y avais mis les pieds c'était pour l'enterrement de mon cher Gilbert Carpentier. 
Je pénètre dans ce lieux chargé de prières, de joies et de peines puis je m'asseois pres du cœur et reste la une bonne demie heure, ça ne m'était jamais arrivé n'étant en plus pas catholique. J'implore je ne sais qui pour sauver mon frère tout en sachant que ça ne risque pas d'arriver mais quand même, je ne risque rien à demander. "Alors donnez moi, donnez nous, la force d'affronter cette terrible épreuve qui nous attends." Certaines personnes ont, parait-ils, vécuent des miracles, ressentis quelque chose de fort qui ont changé leur vie à la suite d'un arrêt dans une église. Moi, bien sûr, que dalle. J'en suis ressorti aussi triste et déséspéré. Je continue ma marche ... Rue de Rennes, rue du Dragon, boulevard Saint Germain, rue de Lille, rue de Verneuil, Invalides. Mes jambes commencent à fatiguer. Retour. Je reprends le boulevard saint germain en sens inverse jusqu'au bd saint Michel. Arrivé à l'angle St Mich-Sr Germain, je vois mon McDo. Il est 19h30, ce sera mon diner. Soudain, un texto de mon frère: "ça va? Bien installé? Tu vas probablement te prendre un McDo je suppose!" ...

Mon dieu mon frère, ce n'est pas possible ce qui nous attends, ce n'est pas possible. Ça va être terrible quand le pire arrivera. Le voir baisser comme ça, perdre ses facultés, plus de parole, plus de mémoire, plus rien. Petit à petit tout va se détraquer et je serai là, à ses côtés. Il va pourtant si bien aujourd'hui. Il me racontait ce terrible futur comme s'il me lisait une histoire. Il est la, assis à la table de la cuisine à boire un café avec moi et il me dit que bientot, il va arriver ce que je t'ai raconté.
A la fin de cette histoire cauchemardesque, je lui ai alors dit que ça allait être un peu dur pour moi d'assister à ce diner ce soir avec une dizaine d'amis à lui, qu'il me fallait un certain temps pour digérer. Je n'ai absolument pas envie de rire et faire des mondanités. Mais il m'a dit qu'au contraire, nous devions en profiter et que ma présence lui ferait plaisir même s'il comprendrait très bien que je ne vienne pas. Alors j'irai. Je dois me montrer fort dès maintenant.J'ai rendez vous à 18h30 chez lui, nous irons faire les courses tous les deux, les invités arrivent à partir de 19h30.

Et maman. Comment je vais lui annoncer ça, c'est une véritable torture. J'ai lu ton commentaire Dany, merci. Néanmoins je ne sais pas comment faire. Ne pas tout lui raconter? Repousser son effondrement? Moi je suis "content" de tout savoir car au moins je sais que j'ai tant de temps pour profiter pleinement de lui, encore en forme. Si maman ne sait pas tout, elle ne connaîtra pas l'urgence et je la priverai peut être de moments avec lui. Je trouve qu'il est toujours plus "facile" de vivre un décès  annoncé qu'un décès brutal. Et puis je n'aime pas mentir. En même temps je ne me vois tellement pas lui raconter tout ça, mais tellement pas. C'est mon frère mais c'est son fils. Je ne sais pas, je ne me suis pas encore vraiment arrêté là dessus. Je vais aller regulierement a Paris, elle n'est pas bête, elle comprendra. Quelle mission de merde. Putain mais c'est quoi la prochaine galère qui m'attend après ça?????!

Mon frère m'a aussi expliqué comment la chose se passait physiquement. Le cerveau va être poussé en arrière jusqu'à arriver au début de la nuque (!!!!!), c'est à ce moment là que le coma arrive. C'est ce qu'à eu Schumacher. Il a signé un papier auprès de l'association "mourir dignement". Il ne veut pas de souffrance. Comment continuer à vivre quand on connaît le programme de notre fin et ce programme est particulièrement cruelle. En tous les cas les recherches sur internet que j'avais fait il y a plusieurs semaines étaient bonnes. La thèse que j'avais trouvé du médecin racontait effectivement une fin comme ça.

Je sais très bien qu'on ne pas dater précisément le début du cauchemar. Pour mon père la cancérologue lui avait donné 6 mois, il a tenu deux ans. Mais le cancer de mon frère est bien plus agressif, très rapide et bien moins connu. Si ce n'est pas 6 mois, il faut s'attendre à ce que soit dans ces alentours. Voir mon frère se dégrader de la sorte, c'est horrible. 

Je suis actuellement dans notre chambre de bonne, celle qui fut celle de mon père ou il travaillait le cuir, puis c'était celle de mon frère à son adolescence. La famille vivait alors au cinquième étage, je me souviens d'un interphone que nous avions mis en place pour communiquer. Je me souviens aussi l'envier terriblement d'avoir cet espace de liberté à lui. Comme la plus part des enfants j'avais tellement hâte d'être grand! Nous avons passé de sacrés moments ici. Puis mon frère est tombé amoureux et a quitté le nid. J'ai pris sa suite en vivant plusieurs années dans ce petit espace. Mon père est décédé, il y a eu l'héritage de fait. Mon frère à 2 locaux commerciaux dans l'immeuble et cette chambre. Moi j'ai un studio à la même adresse, au même étage que celle-ci. Malheureusement je ne peux m'y rendre, je le loue. C'est la seule petite rentrée d'argent qui me permet de vivre aujourd'hui. 
A un moment mon frère hier, lorsqu'il m'a parlé de sa peur de laisser ses enfants il a dit entre autre qu'il ne voudrait pas qu'ils se retrouvent à la rue. "que tu leur loue ton studio, enfin je ne sais pas.." A-t-il dit. J'ai tâché de le rassurer mais sans lui dire que, bien sûr, ils auront le studio si besoin. Je n'y ai pas pensé, il faudra que je le lui dise. Si le futur me demande de leur louer à bas prix, là, tout de suite maintenant, ce serait la galère pour moi car alors, plus aucun revenu. Mais il n'est pas l'heure du tout de penser à ça. Ma situation aura, je l'espère, peut être changé d'ici là et si ce n'est pas le cas, on verra, ils l'auront en tous les cas si le besoin est là.

Mardi, il a rendez vous à la salle P. pour son traitement de chimio et son rendez vous avec l'oncologue. Je lui ai demandé si je pouvais l'accompagner. Pas de problème, nous irons tous les trois, avec Princesse. En fait il m'a dit que le traitement qu'il fait aujourd'hui n'est plus curatif mais palliatif...

Et le lendemain, c'est le décollage pour eux, à 18h, en busness classe, direction New York pour 10 jours ou une limousine les attendront à la descente de l'avion. Il m'a dit que ce voyage s'est organisé lorsqu'il a annoncé le verdict à son meilleur pote. Celui ci s'est effondré et lui a dit qu'il devait profiter et vivre des trucs de dingue, d'où cette collecte effectuée auprès d'amis et collaborateurs qui a rapporté 15 000€ pour faire ce beau voyage. Cet ami sera là ce soir. J'ai peur de m'effondrer hors il ne le faut surtout pas!!!! Ils vont être nombreux, pour la plus part je ne les connais pas, et ça se veut etre un diner d'amis pour passer un bon moment, il ne faut pas que je mette tout par terre. Et puis, je ne peux plus m'effondrer devant lui, c'est fait. Il m'a demandé d'être fort pour lui, qu'il avait besoin de moi, je dois lui montrer qu'il le peut. Je me sens tellement pas d'attaque. Il me faudrait un extasy ou je ne sais quoi!

Avant d'aller au diner je vais peut être aller dans un bar du marais pour me prendre quelques verres en espérant qu'ils ne me rendent pas malade. Y aller seul n'est pas du tout mon truc mais autant choisir un endroit gay. Il arrive tellement trop tôt pour moi ce diner, j'ai peur de ne pas y arriver.

jeudi 30 octobre 2014

16:30

Voyage en train sans problème. Mon frère nous attendait sur le quai, à la porte de notre voiture. Contrairement à maman je ne l'ai pas trouvé changé physiquement, juste une marche plus lente, plus tranquille, pas une marche de parisien. 

Nous arrivons à l'heure appartement, déjeuner. Puis vient le moment du café, mon frère me propose d'aller dans la cuisine. Directe je sais que LE moment est arrivée, je pense a mes cachets relaxe qui sont dans la poche de mon manteau, je vais devoir prendre sur moi. 
Moi assis, lui debout à préparer les cafés, la conversation ne vient pas tout de suite. 
-"alors, racontés moi comment ça se passe, quelles sont ces mauvaises nouvelles?" Lui dis-je. 
Il me dit alors que les médecins sont très pessimistes, que la tumeur progresse et progresse vite, que l'opération ne peut se faire car elle rentre en prodondeur dans le cerveau, il y a un eudême.
J'écoute, mon cœur palpite, je ne sais pas comment m'asseoir, que faire de mes jambes. Il poursuit:
"Il faut donc s'attendre à une courte échéance. Dans environ 6 mois, je vais commencer à perdre la mémoire, la compréhension, puis la parole, la vue ne s'arrangera pas, puis se sera le coma et la mort, il faut s'attendre à ce que ça se produise dans un an environ. 
Fontaine, je pleures, mes yeux me piquent. Je mets mes mains devant comme pour me cacher. Nous nous prenons dans les bras et pleurons. En suffoquant il me dit que ce qui l'inquiète le plus sont les enfants et me demande d'être là pour eux. "Il faut que tu sois fort" me dit il. 
"Et quand je pense à toutes les horreurs que je t'ai dis lors de notre clash il y a deux ans", dis-je en pleurant de plus belle.
"Arrêtes, surtout ne reste pas là dessus, je n'y pense déjà plus depuis longtemps, promets moi de ne pas rester là dessus. La vie c'est ça, des clash, des réconciliations....
Je m'effondre encore dans ses bras en lui disant combien je l'aime. 
La porte s'ouvre, c'est Princesse, ma belle sœur. Comprenant la situation elle la referme aussitôt, les enfants étaient à côté, dans le salon. 
Nous restons un bon moment à échanger et à ne rien dire. Mes larmes se calment, s'arrêtent et reprenne de plus belle.
"Ne t'inquiètes pas pour tes enfants, tu sais très bien que je serai là, nous serons la. Ils seront comme mes enfants". Ses larmes mouillés, il exquise un sourire. 
Je suis assomé. Je m'attendais à cette discussion mais une fois les mots prononcés c'est autre chose. Je pleure, ca s'arrête, ça repart. Comme je l'ai dis a mon frère: "ça va aller... Il me faut juste un peu de temps..."

Sur mon chemin du retour, assomé toujours. Je ne me rends même pas compte que je ne vis plus à Paris, pour moi j'ai toujours été là, les 5ans d'absences n'existent plus. Je prends le bus mais ne regarde même pas le paysage, je suis robotisé. Heureusement, le soleil présent me permet de mettre mes lunettes de soleil car je sens que mes yeux sont encore loin de s'être soulagés.

Mon frère me dit qu'il ne l'a pas dit à maman ne voulant pas le faire par mail ni par téléphone. 
"Si tu sens le moment et si tu le veux, tu peux lui dire mais il ne faut surtout pas que ce soit un poids pour toi". J'ai bien senti, et je le comprends, qu'il serait soulagé de ne pas avoir à lui dire. Si nous devons écouter les blouses blanches, il reste 6 mois. Vacances entre temps, maman viendra à Paris dans ce lapse de temps, les opportunités n'allaient pas manquer. Donc je vais devoir lui dire ... Dois-je te développer mes sentiments?...!

Je prends mon casque, mon téléphone et pars marcher au hasard dans les rues de Paris.  

mercredi 29 octobre 2014

23:37

Ok, valise prête sans trop savoir quoi amener. Pluie et froid sur la capitale dès la semaine prochaine. Chambre de Mam prête, ménage, linge, repassage et dernière balade avec les Patous avant une semaine. Il faisait bon et beau, c'était une belle journée avant l'arrivée du cyclone sur la planète piel! Les vents vont se lever, puis viendra l'œil, la casse et la recontruction.
Maman est crevée avec en plus un bon rhume, il etait tant que ce soit la fin du séjour des enfants.

Réveil programmé à 6h15, ca va me rappeler mon rythme boutique, ça va piquer!

Allez, rendez-vous Paris!

Pfff. J-1

Bon, ça y est, dernier jour avant le départ demain pour Paris. Aujourd'hui: préparer mon absence: installer confortablement Mam pour son séjour ici, remettre en route la chaudière, rassembler factures du magasin et passer les donner à mes successeurs pour qu'ils me rembourseent, faire ma valise et bien sur, une grande balade aux chiens, chose qu'ils n'auront pas durant 7 jours.
Ça tombe bien, Gaspard m'a à nouveau réveillé à 7h30 ce matin ce qui me laisse le temps de m'activer. Ah! Ils vont me manquer mes loulous blancs et demain matin, en fermant le portail je vais retrouver la sensation que j'avais lorsque je quittais mon cher Balthazar pour aller bosser la semaine à Paris.

Hier, 10ans de mon petit homme, ça y est, il devient un grand. Je me revois ici t'annoncer sa naissance! Cet anniversaire tombait le jour même de l'inauguration du McDo de la ville alors bien sur, l'endroit du déjeuner été déjà choisi depuis longtemps! Incroyable de voir l'enseigne s'installer ici, qui l'aurait cru. Un monde fou pour ce premier jour. Ça y est, maintenant lorsque je vois la pub tv du dernier burger je peux l'avoir en moins d'une demie heure chez moi! Gnark!

Avant hier, petithomme à voulu dormir avec son pote Gab à la maison, une grande première. Installation d'un grand matelas par terre, ambiance camping, tout pour plaire aux enfants.

Merci pour tes commentaires ici et messages par mail au sujet de mon frère, je les ai bien tous lu, entendu, écouté. Je vais laisser faire l'instant présent et verrai bien ma réaction. Quoiqu'il en soit je suis sur qu'il y aura des pleures. Quand aura lieu LA discussion? Je ne sais pas. Dès demain? Avant le 5 en tous les cas, jour ou ils partent à New York. Sera t-il à la gare à notre descente du train? Sera t-il accompagné de Princesse ou nous attendront-ils tous les deux à l'appartement? Si je suis tout seul à la gare il y aura 3 valises et 2 bambins pour faire le trajet en métro de la gare Montparnasse à St Lazare. Chaud! Je suis sur que dès que j'aurai mis le pied sur le quai l'impression de n'avoir jamais quitté la capitale sera là. Je vais retrouver le bitume, les gens speed qui regardent par terre avec leur casque sur les oreilles, le slalome pour éviter de rentrer dans l'un deux ou marcher dans une merde de chien, le mauvais accueil des commerçants, les klaxons et sirènes (bref, du bruit!), cette chère bonne pollution et tutti quanti! Ne surtout pas regarder l'"autre" dans les yeux, téléphoner en regardant bien autour de soi que personne ne s'apprête à te chourer ton mobile, entendre 1 appel sur 5 à cause du boucan, dire une dizaine de fois dans la journée "non je suis désolé" à la personne qui demandera une pièce ou une cigarette et puis la nuit, plus d'étoiles! Paris quoi! Faire impérativement mon espace, ma bulle bleue, pour ne pas recevoir les énergies lourdes de la ville et de tous ces gens stressés.

Et puis je vais retrouver ma chère petite chambre de bonne, celle dans laquelle j'ai vécu (pas malheureux!) plusieurs années, avec toilettes sur la palier. La dernière fois que je suis venu je me souviens, c'était vers le mois de mars, le magasin n'était pas encore vendu mais sur le point de l'être, la réponse devait arriver à mon retour. En quittant ma chambre pour rentrer ici, à la campagne, je m'étais juré que lorsque je reviendrai je serai libéré de la boutique, je ne pouvais l'envisager autrement. Et c'est effectivement le cas! Je reviens léger mais pour me prendre un autre poids sur la gueule, et quel poids!!! Aujourd'hui, à mon retour de cette semaine parisienne, je saurai. Je saurai la vérité sur l'état de santé de mon frère, plus rien ne sera comme avant. Hier matin il a téléphoné à son fils pour lui fêter son anniversaire. Alors qu'ils parlaient tous les deux, intérieurement je me disais que c'était la dernière fois qu'il le faisait. Y a t-il pensé lui aussi? Certainement.
Si j'ai des retours de mon frère, en tous les cas je n'en ai aucun de ma belle soeur, ce qui me fait penser que le moral n'est pas bon du tout...

Ce séjour va aussi me permettre de retrouver une partie de ma vie d'avant en voyant plusieurs amis que je n'ai vu depuis 5ans, depuis ce fameux changement de vie, celui qui m'apporte tant de problèmes depuis. Je vais devoir énumérer à chacun mes folles aventures.... Gaël, mon employé devenu compagnon qui m'a trompé, trahi, volé au point de faire échouer mon nouveau démarrage et faire fondre mes économies, cet enfoiré de brocanteur qui y a participé, Cathy ma deuxième employée, qui a bossé 3 mois pour enchaîner avec 5 mois d'arrêt jusqu'à son licenciement. La vente à la baisse de ma boutique et, cerise sur le gâteau: la tumeur de mon frère. Et oui! J'avais bien quitté ma prison dorée parisienne pour trouver une vie plus simple, plus calme... Plein succès!!!! Et à la question : "qu'est ce que tu vas faire maintenant?" à part pleurer mon frère et m'occuper de ma famille ma réponse sera "le néant!". Je vais également me garder des moments pour moi afin de faire mon pèlerinage dans les endroits que j'aime et qui m'ont vu grandir, mon cher quartier latin.

Qu'est ce que va me dire mon frère et comment va t-il me le dire, j'appréhende tellement. Je n'ai pas envie, mais tellement pas envie tu ne peux pas savoir. Je n'arrive pas à me voir devant lui et l'entendre me dire qu'il va mourir, l'entendre me parler du futur sans lui, inconcevable.
Vendredi soir j'ai mon diner chez lui avec ses deux bons amis. Je vais le voir rire, manger, vivre en me disant que demain tout ça ne sera que souvenir et ne se reproduira plus jamais. Je n'ai pas le choix que de l'affronter.

Tu le sais, je t'emmène avec moi dans mes valises! La Mascarade et Twitter seront toujours en action!

lundi 27 octobre 2014

Paris, J-3

Il va me falloir répondre au mail de mon frère. Je repousse. Il me propose d'être à un diner qu'il fait avec deux bons amis à lui vendredi soir. Aucune envie car je ne pense pas que j'aurai la super forme mais en même temps s'il m'a convié c'est que ça lui fait plaisir et c'est probablement le dernier auquel je pourrai assister. J'ai pleuré hier soir, j'ai pleuré ce matin et je n'en ai pas terminé. 

Je me projette devant mon frère, je l'imagine m'annoncer sa fin, j'ai tellement peur de ma réaction en m'effondrant, chose qu'il ne faut surtout pas faire mais comment faire. A quelle moment cette discussion arrivera? Les enfants seront là alors seront nous tous les deux à l'extérieur devant un verre ou un repas? Pleurer en public n'a jamais été mon truc mais pleurer il ne faut pas. Il faudrait que je vide toutes mes larmes maintenant, ici, avant mon séjour qui commence jeudi. A moins que les enfants aillent tout de même à l'école avant leur départ pour New York? Cela se ferait alors à leur appartement? S'il m'en parle avant le diner avec ses amis comment j'arriverai à faire bonne figure, le regarder manger, rire, tout en sachant que ...

Je n'ai pas envie d'aller à Paris mais tellement pas envie. Comment avoir "en-vie" quand on sait qu'on va parler de mort. Je ne me sens absolument pas prêt.

Mam va deviner que nous avons échanger mon frère et moi et je suis persuadé qu'elle me demandera les retours elle qui dit ne pas vouloir en avoir, je sais qu'elle le fera. Je vais me retrouver dans la même situation qu'avec mon père lorsque le medecin m'avait annoncé sa fin et que maman attendait dans la salle d'attente. Que devrai-je lui dire? La vérité et la voir s'effondrer ou le mensonge qui repoussera d'un temps cet effondrement. 

Je ne peux croire ce que je suis en train de vivre et ce que nous réserve demain. Si mon corps acceptait l'alcool je m'en servirai pour divaguer mais ce produit me rend malade, pas plus mal tu me diras. 

J'ai envie d'être ailleurs, de tout effacer, tout recommencer. Envie de dormir et ne plus me réveiller, être en paix, ne pas affronter, fuir.

Bientôt ce sera au tour des enfants d'apprendre la terrible nouvelle, cela va être horrible. Comment annoncer à un petit de 4ans le décès à venir de son papa. Et pour le grand qui n'a que 10ans (demain!)... Aujourd'hui je les vois heureux, sourire, vivre à fond dans l'insouciance...

dimanche 26 octobre 2014

18:23

Ce que j'appréhendais dans mon billet de ce matin est confirmé dans le mail reçu cet après-midi de mon frère. Extrait:
Je sais très bien ce qu'il veut me dire. Je flippe à fond. 

Dimanche.

À nouveau deux réveils très matinaux provoqués par Monsieur Gaspard, j'ai pu me rendormir, heureusement. 

Le départ pour Paris commence à se faire sentir: préparer les billets SNCF, choisir la valise, vérifier que quelques tickets de métro soient dans mon portefeuille... Prochainement il faudra que je prépare la maison pour Mam qui restera ici pendant mon absence pour garder les chiens. Ils vont me manquer mes loulous et eux aussi doivent se préparer .... à ne pas avoir de balade durant 7 jours!
J'aime les réveils lorsque que Gaspard voit que j'ouvre un œil il se met à chanter et faire des sons à la "Chewbacca". Ce matin à l'heure d'hiver, c'est toujours avec une moue que j'exécute ce changement, le début du tunnel. Au moins, là, je ne bosse pas, il n'y aura pas les départs pour le boulot dans la nuit avec les retours dans la nuit

Ma descente d'hier après midi s'est éloignée jusqu'à la prochaine fois. J'essaie toujours de me diviser en deux: une partie qui vie le truc, une autre qui observe. Ça m'est arrivé brutalement au volant alors que je venais de quitter la petite famille pour rentrer à la maison. Je roulais, normal, et puis soudainement, des larmes glissent, comme ça, toutes seules sans qu'aucune pensée particulière ne vienne et puis ça a duré, duré, il me faut évacuer. J'ai du me ressaisir parce que quelques heures après je retrouvais la famille pour diner.

Je n'arrive toujours pas à réconforter ptire mère et ça m'énerve. Aucun mot ne sort, ce qui apporte des moments de silence qui me semblent interminables. Je la vois en peine et ne sais quoi dire. Il n'y a tellement rien que je puisse dire, je n'arrive tellement pas à croire en la maladie de mon frère, à me dire que son départ est proche que je bloque, je bug. Comment moi frère, puis-je réconforter ma mère de la perte à venir de mon frère, donc de son fils???!!! Ce n'est pas possible! Si encore je pouvais dire: "ne t'inquiètes pas, ça ira mieux" mais non, elle comme moi le savons très bien. 

Deux mails que j'ai écris à mon frère en 10jours: aucune réponse. Un mail à sa femme: aucune réponse. J'ai tellement peur qu'ils attendent mon arrivée à Paris pour me parler, tellement peur que mon frère m'annonce sa fin et que je m'effondre devant lui alors qu'il ne le faut surtout pas, je suis le seul homme de la famille qu'il restera. Une fois parti il n'y aura plus que ma belle sœur, les deux enfants et maman, point et je dois me montrer fort rien que pour lui, lui qui l'est déjà tant aujourd'hui avec tout ce qu'il vit. Mon petithomme1 va avoir 10ans mardi, la période de l'adolescence va arriver et son papa ne sera plus là pour le recadrer, l'accompagner dans cette période délicate. 

Comme je l'ai déjà écris je crois, c'est mal foutu la vie. Je n'ai pas de famille à moi, rien construit du tout, aucun projet, avec une philosophie de l'instant présent alors que mon frère est tout l'inverse: famille, constructions, projets, sécurité et c'est lui qui devrait partir en premier. Toujours mettre au conditionnel parce que je peux aussi mourir demain.

Mam a eu mon frère au téléphone hier. Il aurait proposé à ce que je dorme chez eux, chose que je n'ai jamais voulu faire, trop bien dans la petite chambre de mon quartier latin, libre de circuler à ma guise et puis je ne me suis jamais senti bien dans leur apparte, je le trouve froid et leur quartier, je n'aime pas (St Lazare), j'ai toujours été rive gauche! Appartement mal conçu, il me faudra dormir dans la chambre avec les enfants, ce qui veut dire un coucher à 21h alors que moi c'est plutôt 1 ou 2h du matin! Mais c'est la première fois que mon frère me propose cet hébergement d'où ma crainte d'une discussion d'hommes à hommes. Hébergement que je ne peux refuser, au moins pour une ou deux nuits car après en plus, je dois pas mal bouger pour voir des amis et comme ces amis bossent, la plus part de mes rendez-vous sont le soir.  J'appréhende aussi beaucoup l'instant ou je vais revoir mon frère. Mam m'a tellement dit qu'il avait changé physiquement, il faut que je m'y prépare. 

Franchement, je n'ai pas plus envie que ça de ce séjour parisien!!!

samedi 25 octobre 2014

18:48

Ça coule ça coule, je n'arrive pas à me retenir. Je me montre fort devant la famille mais après ça lache. Allongé sur mon lit, casque sur les oreilles, à fond musiques "boum boum" pour me donner de l'énergie, tu parles, ça coule. Je retrouve une plaquette de bromazeman, pourquoi pas. 1/2 cachet histoire de me relaxer parce que dans moins d'une heure je reviens devant la famille pour diner, il ne faut surtout pas que l'on devine mes pleures. Je visualise mon frère, ses enfants, Mam, moi, j'angoisse, je me tiens la tête dans les mains comme pour calmer le volcan que je ressens. 
Ça coule toujours. Inmétrisable. Un petit verre de pinault peut être? Un deuxième, un troisième, je ne comprends pas, rien y fait. Je me sens avoir les yeux gonflés et humides. Un sacré palier vient d'être passé et toujours rien par rapport aux prochains.

Allez Piel, respire un grand coup, prend le volant, ne réfléchi pas et va retrouver la famille.

Samedi

Exeption depuis ces derniers mois: j'ai du mettre mon réveil à 8h30 pour retrouver le Meunier du village qui m'a téléphoné la veille: un service à me demander. Sur place, j'apprends que c'est pour signer une attestation pour un habitant suite à son assurance qui ne veut le rembourser après un accident de voiture. Bon. Même si j'apprécie mon Meunier je suis un peu déçu qu'il n'y est eu de sa part aucune prise de nouvelles en ce qui me concerne, connaissant la maladie de mon frère. D'ailleurs je n'avais pas eu de ses nouvelles depuis cet été. Mais enfin, c'est la nature humaine. Je note aussi que certains amis qui me contactaient avant ne le font plus depuis qu'ils ont appris pour mon frère, c'est un comportement connu et ça me rapproche encore plus du monde animal!

Mon frère justement (qui devrait être le sujet principale de ce blog ces prochaines semaines ...) : Lorsque j'ai retrouvé la petite famille hier pour diner, j'ai tout de suite vu que Mam n'allait pas. Elle venait d'avoir ma belle sœur au téléphone. En fait le voyage à New York ne se fait pas le 5 décembre mais le 5 novembre, soit la semaine prochaine!!!! Cela montre l'urgence de la chose, ce qui a fait venir les larmes aussi bien de Mam que de Princesse (belle sœur). Ambiance.
Comme les enfants commencent à poser des questions, Mam a demandé ce qu'il fallait répondre. 
-"Vous pouvez leur dire. Du moins, pas le mot "mort" ou "cancer" mais que la maladie de papa est très grave."
Sympa! Pour moi ça ne fera qu'engendrer encore plus de questions de leur part, ils ne s'arrêteront certainement pas à cette simple explication. Pourvu qu'ils ne me posent pas de questions!

Aujourd'hui je les retrouve pour le déjeuner, mon petithomme a son ami qui se joint à nous (le fils de mon pote Thib) pour un bon poulet frites! J'espère que tout le monde aura bien dormi...

vendredi 24 octobre 2014

vendredi.

10h, j'ai mis mon réveil pour avoir un peu de temps à moi et retrouver ensuite la petite famille d'autant plus que Mam a eu un gros coup de mou hier après avoir eu mon frère au téléphone. Il lui annonce que 2 bons amis à lui ont réunis auprès de 80 personnes de quoi faire une grosse surprise: ils offrent à mon frère ainsi qu'à sa femme et ses enfant, 10 jours à New York dans le grand luxe: grand hotel, limousine, survole de la ville en hélicoptère et j'en passe.
Cela a apporté à Mam un signal d'urgence car c'est après le rdv de mon frère d'1h30 avec les médecins que la suprise s'est ogranisée. Si le mot n'a pas été prononcé, tout le monde en connait la véritable raison. Maman craint que le mal progresse maintenant très vite. C'est au téléphone qu'elle m'explique tout ça en s'effondrant en larmes, émue par cette générosité est attristée par la réalité.
Je me sens nul sans savoir quoi faire, que dire pour la réconforter. Je ne veux pas mentir en lui racontant qu'il va s'en sortir que ça va s'arranger. Ça me met presque en colère. Colère parce que ça me met face à sa maladie que je n'arrive pas à croire et à accepter. Oui, je sais que cette saloperie a pour habitude de vite progresser...

J'appréhende maintenant lorsque je vais me retrouver devant lui la semaine prochaine à Paris. Mam me dit de plus en plus qu'elle l'avait trouvé physiquement changé, affaibli, amaigri. Je verrai bien. Quoiqu'il en soit je sentirai son énergie. La dernière fois que je l'ai vu c'était au mois de mars dernier et déjà, dès que j'ai franchi le seuil de son appartement j'ai senti une énergie "de mort" même si ce therme ne correspond par réellement. C'est très difficle a expliquer avec des mots. Ce sont des sensations que j'ai déjà eu peu de temps avant de perdre des gens de ma famille (père, grand mère...). C'est comme une odeur, je ne sais comment te dire... comme dans la chambre d'une personne agée en fin de vie, un truc particulier s'en dégage. Ça ne cirulait pas dans tout l'apparte mais uniquement dans sa chambre et légèrement autour de celle-ci.

Il n'a pas répondu à mon dernier mail que je lui ai écris il y a une semaine pour en savoir un peu plus sur ce fameux dernier rendez-vous médical et savoir comment son moral allait réellement. Va t-il m'en parler sur place? Et si c'est le cas, comment vais-je recevoir ses propos? Mam, elle, ne veut rien savoir des dernières nouvelles médicales. Mon frère ne lui en parle pas, elle ne lui pose pas de questions. Il parait que dès qu'il est sorti de ce rendez-vous il a vu son meilleur pote et ont parlé longtemps à une terrasse de café. C'est après cette discussion que la chaine d'amitié s'est mise en route. Je ne peux pas me réjouir de cette surprise car cette surprise existe parce qu'il est malade.

Quand j'ai vu hier que j'étais incapable de trouver les mots pour réconforter maman je me suis demandé comme j'allais faire lorsque le terrible moment arrivera. Je regardais ses deux enfants, si jeunes, si innocents, bien loin de savoir ce que nous sommes en train de vivre et ce qui nous attend.

La semaine prochaine à cette heure-ci je suis à Paris et content de revoir de nombreux amis que je n'ai pas vu depuis mon changement de vie, avant tours mes problèmes. Je vais avoir l'impression de faire un bon dans le passé. Même si je n'étais  là non plus pas bien dans ma vie, j'avais bien moins de cicatrices qu'aujourd'hui.