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mercredi 13 juin 2018

Frangin.

Ce matin je pense à mon frère. Il y a 3ans à cette époque je dormais depuis plus de 10 jours à ses côtés, aux soins palliatifs Jeanne Gardier. Enfin, dormais ... J'étais assis à côté de lui la majeure partie de la nuit sur le fauteuil placé à ses côtés, ma main dans la sienne, plié en deux, ma tête reposant sur son matelas. Gentiment les infirmières qui passaient me conseillaient de m'allonger sur le matelas mis à ma disposition. "il faut dormir" me disaient-elles, je ne voulais pas. Mes nuits étaient pratiquement blanche mais cela m'importait, je savais que j'allais avoir tout le temps pour les récupérer.
Mon frère n'était déjà plus avec nous avec la sédation qu'il avait eu 6 jours auparavant. Sa respiration était angoissante, roque, avec de longs arrêts de plusieurs minutes qui laissaient penser qu'il était parti. Et puis, non, ça redémarrait brutalement. Son corps était en mode automatique, si transformé, si amaigrit, si faible avec la maladie. Mon grand frère attentionné et protecteur.

Je me souviendrai toujours, avant la sédation, alors qu'il arrivait encore à parler très faiblement me dire: en un souffle "c'est dur, c'est tellement dur". Il n'était pourtant pratiquement plus conscient et déjà pas mal shooté. Que vivait-il alors, enfermé dans ce corps. Je ne pouvais rien faire, j'étais totalement impuissant. Qu'est ce qui était dur? Les forts médicaments devaient totalement l'anesthésier de toutes douleurs physiques. Vivait t-il quelque chose de spirituel? Quelle étape vivait-il? Je me suis toujours posé cette question.

Les larmes viennent. Il ne le faut surtout pas. Ptite mère peut arriver d'un moment à l'autre et se mettrait alors aussi à pleurer.

3ans. On dit que c'est le temps pour un deuil mais c'est encore tellement présent. Lorsque j'en parle ma voie tremble encore et les larmes montent facilement.
Hier, sans l'avoir prémédité, j'étais habillé de la tête aux pieds avec ses affaires: chaussures, pantalon, chemise. Lorsque j'en ai pris conscience, alors que j'attendais le moniteur à l'auto-école, j'ai demandé à ce que mon frère prenne le contrôle de mes pieds, mes jambes et mes mains le temps de l'examen. Il conduisait bien lui. J'ai imploré sa présence à mes côtés dans la voiture. C'est toujours bon d'y croire. Maintenant le résultat escompté n'était pas celui auquel je m'attendais! S'il était encore avec nous je sais qu'hier j'aurai eu un texto de sa part du genre: "merde pour ton examen frangin! Je pense à toi!" Et un appel téléphonique le soi  pour savoir comment cela c'était passé. 
Son absence est toujours présente. 

Nous ne le savions pas encore même si je sentais que c'était proche, aujourd'hui était sa dernière journée sur Terre. À 5h, cette nuit, il s'envolait. 

Si j'ai encore de l'énergie après mon sport, je me vois bien faire une grande balade tout à l'heure avec la petite Pirouette histoire d'évacuer le poids que je sens en moi. Pour une fois il ne devrait pas pleuvoir!

Spéciale dédicace: https://youtu.be/3VyBr6Ni4-k

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