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mardi 7 novembre 2017

mardi

10h mon réveil. Je me mets à penser à la nouvelle gérante de ma boutique. Je me mets à penser à quel point le mardi était le plus lourd pour moi quand je tenais le magasin: nombreuses livraisons arrivaient = déballer, ranger, étiqueter... Je me mets à me dire que j'ai tellement de chance que tout cela soit terminé aujourd'hui et que je sois encore sous ma couette à cette heure ci.
Je me mets à penser à ce passé encore si présent malheureusement mais heureusement moins souvent qu'avant. Je me revois avec Gael, sortant de la boulangerie et croiser ce Thierry. Il nous apprenait qu'il allait déménager son commerce pour arriver tout à côté du mien. J'avais été très surpris car il ne s'adressait qu'à moi, pas une seule fois à Gaël et je lui en avais fait la remarque une fois cet échange terminé. "C'est marrant! Il ne parlait qu'à moi, comme si tu étais déjà au courant de cette annonce. Tu en avais entendu parler?" Avais-je demandé à Gaël. "Non", m'avait il répondu. Tu parles! Même si au fond de moi mon intuition me le disait, j'étais loin de savoir que depuis plusieurs semaines ils avaient leurs week-ends cachés et que bien sur il était au courant de ce déménagement. J'ai compris ensuite pourquoi ni l'un ni l'autre n'osaient se regarder en ma présence.
Je me revois derrière mon comptoir, Thierry entrer pour acheter ses clopes, il n'avait pas le moral, j'avais tenté de le réconforter. "Je suis là si tu as besoin" lui avais-je dis. Là encore j'étais loin de savoir que ce qui n'allait pas était qu'il était fou amoureux de gaêl et qu'il le voulait plus que des week-ends.
Je me revois apprendre leur scénario à eux deux: Thierry encourageant Gaël à poursuivre ses vols dans ma boutique pour me faire faillite et ainsi racheter à eux deux ce magasin à bas prix. J'avais été tellement bon avec ce mec, tellement trop bon, je me suis fait tellement avoir.
Inutile de te dire que les 3 jours de remplacements que je m'apprête à faire dans mon ancien magasin va me remuer encore bien des souvenirs, agréables pour certains mais avec beaucoup plus de désagréables.

Voilà, je suis réveillé, revenons dans le présent.
J'ai donc ramené mon neveu jusqu'à Poitiers dimanche dernier pour qu'il prenne sa correspondance TGV direction Paris. Je me retrouve tellement en lui dans plusieurs points. Il avait le blues, il ne voulait pas rentrer, reprendre le chemin du lycée. Il espérait que le train est un accident ou une grève surprise pour pouvoir rester. Je ressentais ce qu'il vivait pour l'avoir moi même vécu avec ces mêmes espoirs, cette boule au ventre, ce déracinement, cette folle envie de rester tout en sachant que ce n'était pas possible. Je l'ai vécu aussi bien à son âge qu'à l'âge adulte. Je sais qu'il aurait tout fait pour être à ma place: prendre le TER qui nous ramenait chez nous et non le TGV qui le ramenait à Paris. Je me souviens quand ma mère m'amenait à la gare et qu'en chemin, dans la voiture, je lui demandais ce qu'elle allait faire de sa journée et qu'elle me disait "des courses chez Leclerc", je l'enviais terriblement! Alors qu'aujourd'hui, faire des courses chez Edouard, bof, très bof!
Mon neveu m'a encore dit qu'il aimerait tellement habiter ici ... "mais sans avoir d'école" à t-il précisé. Tout comme moi, l'école n'est vraiment pas son truc. 
"Mais tu t'embêterais! En 15 jours tu as déjà des moments d'ennuis alors imagines si tu restais là toute l'année!". "Oui mais non", me dit-il. Sourire.
J'avais 10 minutes pour l'accompagner à son quai et lui expliquer comment se placer: trouver le tableau de composition des trains afin regarder quelle lettre sur le quai correspond à son numéro de voiture

Hier, comme tous les 2 jours, l'infimière est passée changer le pansement de ptite mère. Sa cicatrice semble moins rouge qu'avant. Ouf. Pas très intelligent, elle lui a dit que lorsqu'on lui enlèvera les fils elle risque de sentir la douleur du coup elle appréhende pas mal son rendez-vous de demain, à Bordeaux, avec le chirurgien. 
Comme elle ne peut pas conduire je vais l'accompagner à la gare pour le train de 8h50 et j'irai bien sur la rechercher le soir, à 19h. Nous avons projeté de nous faire ensuite un cinéma, elle souhaite absolument voir le dernier film de Dupontel, "Au revoir là-haut" hors il se joue demain soir. Petite province, il y a très peu de séances.

Aujourd'hui il faut absolument que je téléphone à mon auto-école pour lancer la chose. Je devais le faire hier. Oui, je devais ...

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