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dimanche 16 juillet 2017

dimanche.

Installé sous mon figuier pour prendre mon petit déjeuner, j'entrevois Mam' qui a choisi l'ombre des tilleuls pour prendre le sien.
Texto de mon neveu ce matin qui répond au mien de la veille pour savoir comment était Biarritz. "C'est grâve bien!". Princesse nous ayant dit qu'elle avait choisi un hôtel sur la plage, connaissant ses difficultés financières (!), ce doit être un bel établissement. Hotel sur la plage, Biarritz en plein été pour 3 personnes, probablement pas chip le truc. Peut-être avec une piscine? Ça ne me surprendrait pas. Mam' commence enfin à se rendre compte qu'effectivement, côté argent, elle ne semble pas galérer comme elle le dit depuis le décès de mon frère (et qui fut le prétexte pour me priver de la chambre de bonne parisienne!). En l'entendant parler de ses dépenses parisiennes elle se rend bien compte qu'elle est large. 5 paires de Nike en 2 mois! Comme son fils s'ennuierait trop en restant le mois d'août ici, elle a réservé un truc pour lui la semaine dernière qui coûte 2000€ les 10 jours (ou la semaine je ne sais plus)! Ce n'est pas avec les 180€ qu'il me reste sur mon compte à cet instant que je peux rivaliser tout comme avec notre simple petite maison!

La dernière fois je faisais les courses avec mon neveu le plus jeune. Rayon huiles d'olive, je choisi une bouteilles pas trop cher lorsqu'il me montre alors celle que sa maman prend à Paris et demande à avoir la même. Ben voyons! Le prix est le plus élevé de toutes!
"Pourquoi elle prend celle-ci maman?"
- "Parce qu'elle aime bien sa forme et surtout parce qu'elle est très cher!", me dit il!
"Mais elle la garde après?
- "Non, elle la jette!"
C'est bien, les enfants ont un bon apprentissage du budget!

Hier, première journée de retour au calme, sans les enfants. Malgré l'aide maximum que j'essaie d'apporter à ptite mère, elle était sur les genoux. À 16h, elle se couchait.
Je fais tout pour la soulager: range la maison, passe le balais, prépare le déjeuner et fais la vaisselle. Tu vois, si je n'avais pas préparé le repas je sais qu'elle n'aurait rien mangé ou alors un yaourt, point. Puis je suis allé faire les courses dans deux villes différentes: l'une pour passer à la pharmacie récupérer des médicaments pour Mam', l'autre pour pousser le caddie. J'aurai pu tout faire dans une seule et même ville mais maintenant, la plus proche du village j'évite, je n'ai vraiment plus envie de rencontrer des anciens clients même si ceux-ci peuvent être sympathiques. Plus envie que l'on me demande de mes nouvelles et que celles-ci soient toujours:"Bah ... tranquille, pas grand chose ....". Et puis j'en ai marre des habitants de cette région, trop de déceptions humaines.

Je confirme ce que j'écrivais la dernière fois en supposant que je quitte la maison pour retourner vivre à Paris: Mam' se laisserait aller, j'en suis sur.
Il ne reste plus que moi pour m'occuper d'elle. J'aime le faire mais de l'autre côté ça m'empêche de vivre ma vie. Je sais qu'en revenant dans la capitale je trouverai du boulot quitte à revenir dans le milieu que j'avais quitté, mes contacts sont toujour là. Mais je ne peux pas, inutile d'y repenser.

Hier soir, en allant arroser la tombe de mon père et mon frère, je leur demandais pourquoi ils m'avaient laissé, pourquoi ils nous avaient laissé tout en connaissant la réponse avec la conscience que cette question était ridicule.

Aujourd'hui, malgré le soleil qui tape fort, il faut que je m'occupe du jardin: tondre, élaguer nos buis (que j'ai sauvé de la Pyrale!), couper nos bambous qui sont bien trop grands et esquintent notre toiture et d'autres petits travaux. Là aussi c'est quelque chose que Mam ne peut absolument plus faire.

Ce doit être ça ma mission de vie: m'occuper des miens. J'ai accompagné mon père en phase terminale, puis mon frère, aujourd'hui je m'occupe de ma mère avant qu'elle n'est quoique ce soit.
Même si ce n'est pas vraiment la mission que j'aurai préféré, elle est noble, non?!

Bon dimanche!

3 commentaires:

Jimmy Briton a dit…

Pour ce qui est du logement à Biarritz, je peux te confirmer tout de suite qu’en bord de plages (il y en a plusieurs), on ne trouve pas d’hôtels style « Formule 1 ». Les petites pensions de famille (♫♪ « Hôtel de la plage » ♫♪) qui existaient autrefois un peu partout dans les stations de villégiature ont disparu depuis très longtemps en bordure de mer. Remplacées par des hôtels chics (et parfois prétentieux), des restaurants (parfois attrape-touristes).

Le prix de la chambre, en pleine période de haute saison, en ce milieu du mois de juillet, effectivement ça doit coûter bonbon...

L’anecdote de la bouteille d’huile d’olive est assez significative du personnage... Pour être le plus gentil possible, on pourrait la qualifier de « superficielle ». Ça c’est si on est gentil...

Mais ça dénote un trait de caractère profond : l’importance du « paraître », le « si c’est cher, c’est que ça va me valoriser de pouvoir l’acheter ». Une revanche sur son passé ? Sur son enfance ? Cette sorte d’immaturité pourrait attendrir, à la rigueur. Mais lorsqu’on a à inculquer des valeurs à ses enfants, celles qu’elle met en avant sont loin d’être les meilleures.

Cela ne doit pas t’empêcher, lorsque tu es avec tes petits neveux, de leur faire passer les tiennes, de valeurs, sans pour autant dénigrer leur mère. De toute façon, je sais que c’est une attitude que tu n’adopteras jamais. Tu la respectes, vis-à-vis des enfants, sans pour autant en penser moins...

Les petites graines que tu sèmes dans leur tête, même si la plante n’est pas encore visible, resteront bien enracinées dans leur esprit. Qui sait comment tout ça ressortira, plus tard.

Profite du calme actuel pour te reposer, tout en prenant soin de ta maman qui semble se fragiliser de jour en jour.
Bon week-end, l’ami.

Chez Buzenval a dit…

Bravo à toi et ta valeur mais j'aurais aimé que tu penses aussi un peu pour toi...

Piel a dit…

@jimmy: tout à fait d'accord! ;)
@Buzenval: merci Buz. J'aimerai aussi mais pour ça il me faut quitter la région ... le serpent qui se mord la queue. :(