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vendredi 2 octobre 2015

Photomaton.

Il y a, dans l'appartement de mon frère, un miroir sur lequel se trouve plusieurs épisodes de vie en photomaton: en couple avec leur 1er enfant, puis d'autres une fois le petit frère arrivé.

J'ai remarqué ce soir, alors que les enfants dormaient et que j'attendais le retour de leur maman, que mon frère avait de grands sourires à chaque épisode, sur chacune des petites photos sauf sur les derniers clichés, celui ou son crâne est rasé, ou le traitement avait commencé. Son regard est ailleurs, pas un sourire. 

Se prendre en photomaton étaient certainement devenus un rituel pour eux, enregistrer les différentes étapes de leurs vies, l'évolution des enfants. Ou était il alors quand je le vois regarder ainsi. À quoi pensait il. "C'est certainement le dernier cliché. Clap de fin" ?
Je repense souvent à ce qu'il a du endurer psychologiquement dès l'instant où on lui a dit qu'il avait une tumeur et que celle-ci était incurable avec une espérance de vie de deux ans et tu en as 45.
Jamais de problème de santé, du jour au lendemain tout bascule et là, pour le coup, tu sais que tu ne peux rien y faire.

Je l'entends encore à Pâques dernier, alors qu'il fumait une clope en pleine nuit, me dire à quel point il aimerait tant qu'un mec invente dans les 10 jours un truc pour lui retirer cette saloperie du cerveau.

Et tu sais que ce n'est pas possible, qu'il n'y a rien à faire, que l'issus est fatale.

Je trouve ça terrible.

Et son dernier mois aux soins paliatifs ou de jour en jour il devenait emprisonné dans son corps. Petit à petit son corps s'est éteint, ses membres ne répondaient plus, puis sa parole, puis son souffle, puis son cœur ...

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